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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 15:04

En préambule, je citerais un passage du dernier livre de Boris Cyrulnik « de chair et d’âme » : « La pensée paresseuse est une pensée dangereuse puisque, prétendant trouver la cause unique d’une souffrance, elle aboutit à la conclusion logique qu’il suffit de supprimer cette cause, ce qui est rarement vrai.

Ce genre de raisonnement est tenu par ceux qui sont soulagés dès qu’ils trouvent un bouc émissaire : il suffit de le sacrifier pour que tout aille mieux. La pensée du bouc émissaire est souvent sociobiologique : il suffit d’enfermer les tarés ou de les empêcher de se reproduire….. »

C’est une réflexion qui donne à réfléchir…

Aujourd'hui nous pouvons nous poser la question :Qu’est ce qui rend la morsure d’un chien douloureuse, délabrante, mortelle si ce n’est la présence des dents !!!

Alors je vous propose Messieurs et Mesdames les Législateurs de faire voter une loi qui oblige tous les propriétaires de chiens a faire enlever les dents de leur animal à partir de l’âge de 15 mois et le problème sera résolu…humour noir oui….cynisme oui…absurde oui çà c’est sûr mais pas plus que de réduire la problématique des morsures à une catégorisation, pas plus que de vouloir condamner et tuer des chiens pour délit de sale gueule, c'etait mon coup de gueule à moi.... 


Les propriétaires de chiens


Je ferais abstraction des propriétaires appelés « délinquants » utilisant le chien comme une arme ou à des fins de combat, je ne suis pas formée pour travailler avec ces gens là et en aparté, je pense qu’il serait peut-être intéressant de se poser la question suivante : est ce que tous les propriétaires de chiens de 1er ou de 2eme catégorie doivent-ils être ramenés à des délinquants en puissance ????...

Dans une agression avec morsure, il y a trois êtres vivants ou deux êtres vivants : le chien, le propriétaire du chien, la personne mordue, ou deux êtres vivants le chien et le propriétaire du chien.

En posant la question quel est le dénominateur commun dans ce type d’agression, la plupart des réponses sont : le chien. Pourquoi ? simplement parce que c’est lui qui mord.

Moi je vois autre chose et je réponds : le propriétaire du chien, celui que nous appelons communément « le maître », et je vais m’intéresser à elle ou à lui.

 La plus grosse moitié de mes consultations en tant que comportementaliste le sont pour agressivité du chien, ou morsures sur un être humain dans la cellule familiale, que cela soit l’enfant ou l’adulte, ou une personne extérieure, comme beaucoup d’entre nous.

En face de moi, je ne vois pas le propriétaire d’un chien qui mord, je vois un être humain en difficulté, la plupart du temps démuni, accablé, consterné, culpabilisé et montré du doigt par la « société », par certains professionnels, par la famille, parfois aussi déresponsabilisé par les croyances des uns et des autres : c’était prévisible, un rott c’est connu, c’est agressif et çà mord etc. etc.…

 Touché profondément dans son affectif quand la seule aide qu’il trouve est de se heurter à un diagnostic de « chien dangereux » et à la phrase qui anéantie » il faut le piquer, il est potentiellement trop dangereux, vous êtes irresponsable et en plus c’est un bull terrier....ou un rott etc...

L’être humain en face de moi, la plupart du temps n’a pas de mot pour dire sa souffrance, son impuissance, sa colère, sa tristesse, et sa solitude devant la situation, devant le regard de jugement des « autres » alors la violence fait son apparition, quelque fois intériorisée, souvent extériorisée, la plupart du temps verbale, la responsabilité est portée sur l’autre, c’est pas ma faute, c’est la faute de ce sale « cabot », du voisin qui avait encore bu, de cette gamine hystérique, et mal éduquée (donc faute des parents de la petite fille) qui s’est approchée trop près, trop vite trop brusquement, de la personne âgée qui avait une canne et qui l’a levée, c’est elle qui a menacé mon chien etc.

Mais comment parler de soi quand l’autre a été mordu ? comment verbaliser des sentiments quand dans notre culture, nous avons été muselés depuis l’enfance, coupés de nous mêmes, n’avez vous jamais entendu cela ?, pour les garçons : arrête de pleurer on dirait une fille… pour les filles : arrête de pleurer, t’es bien une pisseuse….ne te mets pas en colère c’est pas bien…pourquoi t’es triste, t’as tout pour être heureux…. et puis arrête de rigoler, tu verras la vie n’est pas drôle tout les jours…arrête de rêver et fait ce que l’on te dit…arrête de t’écouter, t’es trop douillet, il faut se battre pour vivre dans notre société…arrête de pleurer ce n’était qu’un chien….

Déni des émotions, déni des sentiments, déni de la douleur, déni de la souffrance.

Alors comment parler? si ce n’est qu’avec l’aide du professionnel qu’il est venu consulter ? et en finalité pourquoi parler ?

 

La consultation centrée sur la personne

 

*Processus de deuil

Ce qu’il est nécessaire de comprendre, c’est que lorsque nous recevons un propriétaire de chien confronté à la morsure, nous sommes devant une personne qui vit un processus semblable au processus de deuil : le deuil d’une relation, le deuil d’une image, le deuil de l’amour donné à un animal.

Ce processus se décompose de la manière suivante :

* le choc  avec la sidération :Certaines personnes décrivent cette sensation comme le fait d’être enveloppé dans un cocon ou d’avancer comme un somnambule

*le déni avec le refus de voir la situation : c’est pas vrai, c’est pas possible, il a juste pincé etc.

*la colère : accusation, culpabilisation, jugement, rejet, dégoût : c’est l’autre….

* l’abattement : fuite, dépression

* le fatalisme avec sa résignation : on a tout essayé etc.…

*l’accueil avec l’intégration de la situation, la construction, l’apprentissage, l’anticipation, la projection : ok c’est arrivé, nous prenons conscience de l’événement et nous pouvons faire encore quelque chose….

Ce processus de deuil une fois entamé va systématiquement se faire, par contre l'intensité de chaque "étape" est différente suivant chaque personne. Chacune peut être franchie plus ou moins rapidement, elles se cumulent généralement les unes aux autres et ce processus se complexifie par un phénomène que nous pouvons comparer au "yoyo".

Des sorties sont possibles à chacune des "étapes". Toutefois, lorsque chaque étape n'est pas "bouclée", il est possible que la personne "replonge" plus tard là où elle l'a quittée.

1) Comment parler … grâce à l’empathie

Les propriétaires de chiens viennent vers nous dans une demande de relation d’aide cette relation d’aide fonde ses principes sur le non jugement, le respect et la confiance dans l’être humain, c’est à dire que la personne à la possibilité de trouver en elle même les ressources nécessaires à la solution de ses problèmes.

En effet actuellement dans notre société tout est pratiquement basé sur une méfiance en la personne. L'individu est vécu comme incapable de choisir des buts qui lui conviennent, aussi doit-on les lui fixer.

Et on doit le guider vers ces buts, car autrement il pourrait s'écarter du chemin choisi, du chemin normaliste. Les enseignants, les parents, notre société développent des procédures pour s'assurer que l’individu progresse vers le but choisi.

Dans notre vie sociale ordinaire, quand « l’autre » a des idées trop différentes des nôtres, il arrive qu’on le trouve déraisonnable, égaré, pour ne pas dire «  un peu fou ». La « mode » est, hélas, plus de savoir convaincre que de savoir comprendre.

La personne est vécue comme un être foncièrement en faute, destructeur, irresponsable ou les trois à la fois. Et cette personne doit constamment être surveillée alors qu’elle demande à être accompagnée.

Un autre caractéristique de la relation d’aide est le fait que nous nous concentrons sur la personne même. Le foyer de l’intervention devient ainsi la personne elle-même et non son problème. Ceci évite à l’écoutant la trop forte tentation d’y apporter des solutions immédiates : faire à la place de l’autre.

Cette façon de se centrer sur la personne lui permet aussi de faire abstraction de sa subjectivité, de ses sentiments personnels ou encore de sa façon de voir le problème : « la carte n’est pas le territoire ».

L’écoutant doit développer sa sensibilité et son humanité. Il devra aussi accepter de s’approcher de l’autre avec un état de « non savoir », humble, afin de le rencontrer vraiment car dans une nouvelle rencontre, il s’agit toujours d’une page vierge à remplir. Les idées préconçues ferment la perception et sont les prémisses de la pensée unique.

Carl Rogers a été le premier psychothérapeute à mettre en lumière le rôle essentiel de la relation dans l'efficacité thérapeutique. Dans des publications parues entre 1940 et 1950, il décrit ce qu’étaient, selon lui, les trois conditions critiques permettant aux thérapeutes de promouvoir l'auto-actualisation de leurs patients :

·       avoir une attitude de compréhension empathique,

·       faire preuve d’une estime positive et sans condition,

·       être en congruence (être en correspondance authentique avec le patient)

Carl Rogers définit ainsi l'empathie : « …être empathique consiste à percevoir avec justesse le cadre de référence interne de son interlocuteur ainsi que les raisonnements et émotions qui en résultent... C'est-à-dire capter la souffrance ou le plaisir tels qu'ils sont vécus par l'interlocuteur, en percevoir les causes de la même façon que lui... »

Plutôt que de chercher à promouvoir de meilleures méthodes, la recherche nous indique que la clé du succès réside dans l'habileté de l’écoutant à établir une bonne alliance avec son client.

Quelle que soit la méthode, le profil des clients, le problème ou l'étape de changement, l’empathie a un rôle déterminant, et prédominant.


 2) Pourquoi parler…pour la motivation et le changement


Le concept d’empathie est présenté en mettant l'accent sur son rôle déterminant dans la dynamique interpersonnelle de la motivation et du changement :

  • Luborsky et al. (1975) suggèrent que ce sont les facteurs communs non spécifiques présents chez les thérapeutes (chaleur humaine, empathie, qualité de l'alliance, etc.) qui expliquent que les thérapies sont toutes d’égales efficacité.
  • Miller, Taylor & West (1980) suggèrent que le résultat de la thérapie est étroitement corrélé au degré d'empathie exprimée par le thérapeute.
  • Najavits & Strupp (1994) montrent que les thérapeutes efficaces font preuve de chaleur, compréhension et implication, alors que les thérapeutes moins efficaces sont plus à même d'ignorer, de rejeter ou de critiquer les patients.

Un vieux modèle pour promouvoir une nouvelle compréhension :

Yerkes et Dodson ont montré, dès 1908, les conséquences que pouvait l'évolution du niveau d'anxiété sur les performances mentales. Ils obtiennent une courbe en forme de cloche, prouvant qu’à de faibles niveaux de stress et d'anxiété, de même qu'à des niveaux élevés, les fonctions cognitives et la motivation sont peu performantes.

Les capacités d'attention, de concentration, de compréhension, de réflexion et de mémorisation sont réduites. En conséquence, il importe avant même de pouvoir communiquer des informations ou de partager un point de vue, que l'individu soit en mesure de les recevoir.

L'expression d'empathie participe au soulagement de la détresse, et ramène le stress et l'anxiété à un niveau compatible avec un meilleur fonctionnement cognitif.

Quelques exemples de phrases empathiques :

*Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir faire...

* Vous éprouvez une frustration par rapport à ...

* Vous ressentez un malaise ... de la rancune ... etc. ...

*vous avez traversé une épreuve particulièrement éprouvante..

 

Comprendre ce processus de deuil, l’accepter dans le cadre de notre pratique, accompagner chaque étape avec empathie est indispensable pour que le propriétaire du chien puisse accueillir la connaissance de son animal, accueillir le changement, le vivre avec motivation, envie, plaisir, et pouvoir alors concentrer son énergie dans la recherche de ses propres solutions.

 

Conclusion

Je conclurais par deux citations, celle d’Einstein qui disait «  on ne règle pas le problème au niveau où il se situe, on travaille toujours au niveau supérieur »Ce qui est intéressant c’est de se dire alors que le symptôme qui nous est rapporté n’est rien d’autre que la conséquence d’autres comportements en amont.

Nietzche disait quant à lui que «  l’homme est l’animal malade », c’est à dire malade de lui-même.

Si la connaissance et l’apprentissage de l’éthologie, en particulier de celle du chien est indispensable à notre pratique, la connaissance de la psychologie humaine, le mode de fonctionnement de l’être humain et le « décodage » des relations humaines semblent également essentielles.

Les deux sont indiscutablement complémentaires et indissociables pour que nous devenions meilleurs, meilleurs dans notre pratique, pour que nous soyons en apprentissage constant, pour le respect de nos clients, pour la survie de cette espèce pour laquelle nous sommes réunis aujourd’hui le chien, ce chien qui tant aimé, adulé est une nouvelle fois jeté à la vindicte sécuritaire d’un état parce que parfois.. parfois.. juste parfois il manifeste le droit d’exister à sa manière, avec son langage.

Bibliographie :

Carl Rogers différentes publications

Miller, W.R., Taylor, C.A., & West, J.C. (1980).  Journal of Consulting and Clinical Psychology, 48, 590-601.

Najavits, L.M. & Strupp, H.H. (1994). Psychotherapy: Theory, Research, Practice, Training, 31, 114-123.

Yerkes, R.M. & Dodson, J.D. (1908). The relation of strength of stimulus to rapidity of habit-formation. Journal of Comparative Neurology and Psychology, 18, 459-482

Le coaching du deuil différentes publications

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:29

Conférence écrite par mes soins dans le cadre du Colloque 2008 sur les Moeurs Canines en Avignon

Pourquoi MAUVAIS comportement ? y a-t-il une échelle de valeur,une connotation de bien ou de mal dans le comportement ? La réflexion peut-être, alors, différente et la question peut devenir « le comportement est-il adapté ? »

Si nous partons du postulat que tout comportement est adapté à un environnement, et a une intention positive pour le sujet, la question à se poser serait dans un premier temps « quel est cet environnement et de quoi est-il fait ?

Le comportement correspond à la conduite extériorisée d’un individu, ces actes, son mode de fonctionnement vu par la lunette d’un observateur extérieur.

Le Professeur Henri Laborit (1914-1995) démontre dans ses expériences sur les rats et son observation des comportements humains qu’il existe quatre grands types de comportement :

*Le comportement de consommation

*le comportement d’agression, réponse adaptée à des situations de danger, réelles ou pas

*Le comportement de fuite qui a l’avantage de ne pas ajouter d’agressivité à l’agression (« L’éloge de la fuite »)

*Le comportement d’inhibition, l’individu alors prend sur lui l’agression externe, quelque qu’elle soit et la retourne contre lui, l’individu tombe malade, déprime, anxiété, angoisse, somatisation etc.…

Dès la première page de son livre « Inhibition de l'action », le Professeur Henri Laborit écrit : « Quand l'action [pour résoudre un conflit] est impossible, l'inhibition de l'action permet encore la survie puisqu'elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l'environnement. C'est en ce sens que la « maladie » [les guillemets sont de Laborit] sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l'organisme avant de disparaître.» (...) « Le manichéisme qui caractérise la majorité des conduites humaines ne permet d'envisager jusqu'ici que deux conduites à l'égard de la maladie : l'une consiste à agir sur l'organisme malade en ignorant son environnement, l'autre à agir sur l'environnement en croyant que cela suffira à résoudre tous les problèmes organiques. Il serait sans doute préférable dans certains cas, pour traiter un ulcère d'estomac, d'éloigner la belle-mère par exemple plutôt que de pratiquer une gastrectomie qui ne changera rien au facteur environnemental." (...) "Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie."

L’environnement de l’animal de compagnie (chiens, chats) :

La France a les plus gros effectifs européens de chiens et de chats. Selon l’enquête TNS-Sofrès de 2006, elle compte 8 millions de chiens et 10 millions de chats, avec 43 % des foyers français ayant au moins un chien ou un chat.

L’environnement de l’animal de compagnie: c’est l’être humain faisant partie d’un pays la France qui est en tête des pays au monde pour la consommation de psychotropes. On appelle psychotropetoute substance modifiant le psychisme. Les psychotropes sontclassés en trois principaux groupes : les calmants (somnifères, anxiolytiques), les stimulants (amphétamines, antidépresseurs) et les perturbateurs (chanvre, alcool, stupéfiants).

D’après le rapport Zarifian (1996), les français consommaient, selon les catégories de produits, de 2 à 4 fois plus de psychotropes que les autres européens. Selon l’OPEPS (office parlementaire d’évaluation des politiques de santé juin 2006), le pourcentage de la population ayant consommé des psychotropes au cours des 12 derniers mois, est le double de la moyenne des pays limitrophes à la France.

Toujours dans le rapport Zarifian, la consommation de psychotropes est qualifiée cyniquement de "prix du bien-être". Elle est expliquée par les mêmes facteurs d’offre que pour les autres médicaments, et renforcés par "la mode de la médicalisation du moindre vague à l’âme". Du point de vue de la souffrance humaine, elle semble être plutôt le coût du mal-être.

L’environnement de l’animal de compagnie: c’est l’être humain faisant partie d’un pays la France qui a le 3eme taux de suicide dans l’Union Europenne d’après Eurostat et l’OMS, derrière la Finlande et l’Autriche. En 2002, la France était le premier grand pays européen pour son taux de suicide, ex aequo avec l’Autriche. Le nombre officiel de suicides est d’un peu moins de 11 000 par an, soit 18 pour 100 000 habitants. Ce nombre est considéré comme sous-estimé de 20 %. Il y a en plus entre 150 000 et 200 000 tentatives de suicide par an.

L’environnement de l’animal de compagnie : c’est aussi par exemple:

 Dans les hôtels Loews Hotel Vogue , un étage réservé aux « 4 pattes » : On les traite comme des VIP. Dès la réception, ils reçoivent un petit sac de gâteries. Dans la chambre, pour plus d'hygiène, il n'y a pas de tapis. Déjà, lors de la réservation, on s'est informé de leurs habitudes alimentaires et leurs plats sont remplis selon leur régime. Les menus élaborés et approuvés par un vétérinaire proposent même une nutrition appropriée afin de les aider à faire face au stress du voyage.

À l'heure de la marche, si on le désire, un promeneur de chiens s'occupe des sorties pour ne pas perturber les horaires de l'animal si vous passez la soirée au théâtre ou au restaurant.

De plus, l'armoire " Coup de pouce " contient de nombreux accessoires, notamment tapis pour chats et chiens, laisses, colliers, jouets et vidéos, litière et même des pelles ramasse crotte.

 A New york, certains propriétaires de chiens installent leurs tapis mousse dans les jardins publics, ils tentent de synchroniser leur respiration à celle de leurs chiens, ils pratiquent le « doga », cours de yoga canin, puis quelques étirements sur les pattes pour faire un peu de stretching…

Sur la 44e rue, le Biscuits and bath doggie village a une piscine pour ses adhérents. Jazz le vendredi soir, et brunch le dimanche matin pour chiens et bipèdes. On peut aussi célébrer des mariages canins, avec gâteau de cérémonie tout en pâté et croquettes.

A Montréal, une suite présidentielle dans un hôtel de luxe pour l’anniversaire du compagnon canin pour 80 dollars….des spa très chics, des séances de massothérapie.

Dans « recettes gourmandes pour chiens gourmets » de Donna T.Roberts, 50 recettes maison vous sont proposées pour le bonheur et la santé de votre chien…dans ce même livre à la page 50-51 l’auteure écrit en s’adressant directement aux chiens :"Choisis ta chaise ou ton sofa favori sur lequel dormir. Même si ton maître te dit de descendre, remontre dessus immédiatement.Bientôt, il recouvrira la chaise ou le sofa d'une vieille couverture: à ce moment-là, la place t'appartiendra. Si tu es adopté par des gens qui doivent partir tous les jours pour aller travailler, voici ce que je te suggère: tu peux aller te placer dans la fenêtre et japper aussi fort que possible, jusqu'à ce que la voiture soit hors de vue. Après, tu pourras retourner à ta sieste. De cette façon, ils s'inquièteront toute la journée et ils viendront peut-être manger à la maison le midi."Si tu t'amuses dehors et que quelqu'un te dit de rentrer, fais le sourd, à moins bien sûr, que ce soit l'heure de manger."

No coment…..

Aux états Unis, le docteur vétérinaire Amy Varder propose ses services aux avocats pour réaliser des évaluations comportementales des animaux de couples en instances de divorce, en observant l’animal avec ses « propriétaires », elle donne un avis consultatif sur l’intensité du lien qu’entretient le chien avec chacun des protagonistes, elle rends ses conclusions après un heure de consultation !!!!

L’environnement de l’animal de compagnie : c’est en finalité pour certains ou pour beaucoup : le mal être de l’être humain.

Le professeur Montagner parle « d’animal substitut », « d’animal béquille », « d’animal médiateur » réceptacle privilégié de nos émotions, de nos affects, de nos projections.

La psychologue Aymon Gerbier, spécialisée dans la psychothérapie assistée par l’animal dit l’animal est ‘’une éponge affective‘’.

La psychologue Ozanne parle également de « chien éponge » chargé de combler un manque, de « chien révélateur » miroir du maître, de ses angoisses et de ses névroses, de miroir narcissique.

Borys Cyrulnick parle d’une matérialisation de la pensée humaine transmise au chien qui façonnerait ce dernier.

Jacques Lacan, psychanalyste écrit « Les animaux domestiques, « d’hommestiques », sont un peu de nous-mêmes et les rapports que nous entretenons avec eux font partie de cet indicible qui parle de notre inconscient », il écrit aussi« le chien est l’inconscient de son maître ».

Troubles du comportement et si ce n’était, pour la plupart que symptômes ?

 *Ce symptôme, formation de compromis en tant qu’il est le produit du conflit défensif

*Ce symptôme, formation réactionnelle dans la mesure ou c’est le processus défensif qui prévaut

*Ce symptôme que nous pouvons rattacher au langage, ou au discours

*Ce symptôme, proposition de communication

 Et si le symptôme n’était que métaphore, que l’on veuille ou non se le dire ? (Lacan)

 Et si nous changions de regard ? Et si nous nous posions d’autres questions ?

Pourquoi avons-nous tant besoin de ces animaux ?  De quels rôles sont-ils investis ?

Pourquoi cette solitude, cette insuffisance de liens affectifs, cette fragmentation du lien du social, cette détresse psychologique, ce burn-out professionnel ou familial ?

Pourquoi mettre nos anciens dans des maisons dites « de retraite » en leur demandant d’abandonner leur propre animal de compagnie pour ensuite leur apporter pendant quelques instants « un chien soit disant thérapeutique » pour toute consolation ? Que ressentent vraiment ces gens là ?....est ce que nous nous sommes posés la question ??? Hypocrisie consternante…

Pourquoi cette peur de l’autre qui nous pousse à avoir des chiens comme protection « je suis absent toute la semaine, j’ai besoin d’un chien qui puisse protéger ma femme et mes enfants…et si cette femme pouvait se protéger toute seule ????

Pourquoi cette difficulté à vivre avec l’autre, l’humain, sans agressivité, sans violence verbale, sans ressenti, dans l’impossibilité de lui dire « je t’aime », alors que plus de la moitié des propriétaires d’animaux domestiques leur font cette « déclaration » régulièrement ???

Pourquoi ce manque d’estime de soi, ce besoin de reconnaissance, ce soi-disant besoin de domination…. « Pourtant mon chien obéit parfaitement : assis, debout, couché, marche en laisse, et il vient de mordre mon mari, ma femme, le voisin ou l’enfant.. »

Moi mon chien, les parents sont champions sur plusieurs génération, c’est un chien de race hyper sélectionné cependant je comprends pas, il se bouffe les pattes sans arrêt… je ne peux plus le présenter en expo…. »

Pourquoi cette culpabilité, ce besoin de certitude pour nous conforter dans le soi-disant amour que nous leur portons… «  je fais tout pour elle ou pour lui, toilettage,brosse à dents, panière confortable, jouets, petit manteau pour le froid, alimentation au top, anniversaire et voila comment elle (il) me remercie…..(destruction, malpropreté etc..)

 Il y a-t-il vraiment une  réponse à toutes ces questions ?

 Et si la bonne question était en finalité « comment allez moins mal pour que l’autre, indépendamment de soi et en l’occurrence l’animal, puisse aller mieux ? »

 J’entends déjà ce que certains vont me dire  « nous ne sommes pas des psychanalystes » c’est vrai cependant, il ne s’agit pas d’aller remuer le passé des propriétaires d’animaux pour faire « parler » l’inconscient, leur dimension « historique, voir infantile » ne nous intéresse pas, le passé n’est pas la solution du présent, en tout cas pas dans ce contexte là, il s’agit par contre de devenir des professionnels de la relation d’aide, des professionnels des relations humaines car qui dans le binôme Homme chien ou chat souffre le plus.. ? je crains que nous nous trompions de cible en pensant que cela puisse être l’animal ….car la guérison de cet animal passe pour la plupart du temps par une restructuration du propriétaire.

Dans cette perspective, l’examen clinique de l’animal et la connaissance du « profil psychologique » des propriétaires entretiennent des rapports de complémentarité nécessaires et indispensables.

Cette démarche est à l’opposé d’une nosographie comportementale dont le seul objectif serait d’isoler un ou plusieurs symptômes pris indépendamment ou superposés de manière à ce qu’ils puissent correspondre à l’une ou l’autre des catégories des différents médicaments (antidépresseurs, psychotropes etc.) mis sur le marché. De plus le risque est également que ce type de nosographie "instrumentalisée" en fonction de l’effet de tel ou tel médicament utilisé, ne réduise les problèmes comportementaux des animaux domestiques à des grandes catégories de manifestation comme les classifications humaines du DSM (bible de la psychiatrie humaine) nous en donnent une illustration.

Il ne s’agit pas non plus de penser que seule une « thérapie comportementale » appliquée sur l’animal puisse être la panacée au titre que l’éleveur, le propriétaire ne se soit pas adapté aux besoins de son développement comportemental, voir éducatif. C’est vrai que cela est plus simple, plus commode de penser, au nom de quoi d’ailleurs ? que l’animal ne doit pas dormir dans la chambre, sur le lit, sur les canapés, qu’il est indispensable qu’il mange après l’être humain, qu’il doit savoir faire « assis, debout, couché », qu’une place doit lui être déterminée…Il y a ce qui est bien de faire, et ce qui est mal…..Porte d'entrée béante pour le « trouble de comportement »……

Travailler sur la souffrance d’un animal, et d’un être humain est une alchimie de compétences, il est nécessaire de savoir pour comprendre, comprendre l’autre, le binôme, découvrir son univers, leur univers, rentrer dans son monde, leur monde avec respect, apporter une écoute dénuée d’a priori, de jugements, et une aide appropriée.

Pour cela nos compétences de comportementalistes ou d'éducatrices (eurs) canin doivent être élargies, élargies à la connaissance certes de l’éthologie des espèces, mais aussi aux techniques de communication comme l’approche systémique, la programmation neuro linguistique, l’analyse transactionnelle, le coaching familial etc., élargies à la connaissance du profond de l’être humain, ses zones d’ombres qu’il ne veut pas voir, pas connaître, et qu’il projette pourtant sur l’autre (en l’occurrence l’animal) ses peurs, ses peurs existentielles qui le « mangent » de l’intérieur etc., car enfin, cette relation si privilégiée depuis des siècles, comment tout cela fonctionne vraiment ?

En finalité, ce qui est préjudiciable, ce n’est pas ce que nous ne savons pas mais ce que nous croyons savoir.

Nietzche disait «  l’homme est l’animal malade », c’est à dire malade de lui-même.


Bibliographie :

Rapport du Docteur Edouard Zarifian (Mission générale concernant la prescription et l’utilisation des médicaments psychotropes en France-1996)

Conférence Professeur Coppinger

Professeur Henri Laborit « l’éloge de la fuite », « inhibition de l’action » (édition Robert Laffont)

Professeur Montagner « l’enfant et l’animal » (édition Odile Jacob)

Publications de l’Ecole de la cause Freudienne

Jacques Lacan « la relation d’objet » « les psychoses » édition le seuil

Alain Juranville « Lacan et la philosophie »  édition Puff

Publications de Donald Woods Winnicott

Donna Twichell Roberts « Recettes gourmandes pour chiens gourmets » (le jour éditeur)

Entretien de K.L.Matignon avec Boris Cyrulnick pour « nouvelles clés »

Entretien Mme Ozanne pour « psychologie »

 L’essentiel n°86

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