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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 07:02

 

La dominance n'est pas la solution, la violence n'est pas la solution, frapper, hurler, donner des coups de pied, de bâtons n'est pas la solution, le chien est un individu avec des peurs, des emotions, des ressentis ce n'est pas l'animal-machine insensible de Descartes........

La plupart des problèmes d'agressivité rencontrés dans la relation être humain/chien vient pour la plupart d'une méconnaissance totale du comportement de ce dernier, de son monde de fonctionnement, de ce qu'il ressent, de sa propre perception des situations.
La place du chien, dans notre société, a beaucoup évolué au fil du temps, il fait maintenant partie intégrante de la cellule familiale, sa part d'animalité est de moins en moins tolérée, il doit supporter, l'ennui et la solitude sans destruction, le stress, l'angoisse des êtres humains, les hurlements, et l'agitation des enfants, les abus de pouvoir des uns et des autres, le manque de respect concernant son tapis, sa panière, sa gamelle etc....
De plus en plus « humanisé » dans notre société, il a maintenant son parfum, son manteau, sa laisse, son collier assorti à nos vêtements, ses instituts de beauté, ses restaurants, ses hôtels, il reste pourtant toujours un chien, avec ses codes de langage de chien, son comportement de chien, alors parce que c'est toujours un chien, n'oublions pas que c'est un animal et qu'il peut devenir menaçant voir dangereux.

Le chien menaçant est un chien dont, quand la séquence comportementale est complète, va dans un premier temps grogner, puis va montrer les dents, puis va mordre en dernier recours.

La première chose que j'entends, que je lis et qui malheureusement perdure depuis des années comme ânerie récurrente quand on me parle de chien menaçant c'est toujours « le chien grogne, il est dominant, le chien montre les dents, il est dominant, le chien mords ou a mordu, il est dominant ». Cela ne veut rien dire : nous ne  pouvons pas parler de chien dominant dans l'absolu, un chien devient leader dans une circonstance donnée mais dans un autre endroit, à d'autres moments de sa vie, dans un autre groupe social il peut tout à fait se montrer différent. Tout est relatif et varie en fonction de l'environnement de l'animal. Ainsi le chien le plus soumis d'une portée peut montrer des signes de prise de pouvoir et devenir problématique. Dans une famille ce sont toujours les maîtres eux-mêmes qui placent le chien en situation de leader, le plus souvent sans s'en rendre compte.

En effet, le même chien, nous le changeons de contexte, de cellule familiale, de cadre, de structure, son comportement devient alors différent.

Depuis tout temps, nous mélangons les notions de hiérarchie, d'autorité, et de dominance.

La hierarchie est le résultat d'une coopération et non pas de contrainte, d'un accord mutuel fait de respect, et de confiance, de sécurité, on devient un leader quand les autres nous ont reconnus, acceptés comme celui qui présente les meilleures capacités de dirigeant.

L'autorité, c'est d'être calme, juste, clair et constant.

La dominance, sous-entend interdits, contraintes, affirmations physiques de pouvoir, violences.

Et si les menaces de ce chien n'avaient pas comme finalité en soi, «  je suis dominant donc je menace », mais si c'etait un appel, « je menace parce que la situation dans laquelle je suis me fait peur, le danger que je perçois est trop proche de moi »......

Le chien menaçant est un chien qui a trois options : fuir, se figer ou lutter, ceci en fonction du chien et de sa personnalité, de la situation, et de l'environnement.
Concernant le grognement, les maîtres le perçoivent, la plupart du temps, comme une rébellion, ou un refus d'autorité.
Souvent les conseils donnés au niveau de ce premier stade, sont soit de crier, de le disputer, soit de le frapper, et pourtant ce grognement n'est qu'un mode de communication qui signifie « éloignez vous", il signale simplement que le chien est en proie à une violente émotion négative.
La question qu'il faut se poser est alors : pourquoi alors la distance lui semble-t-elle être la seule réponse adaptée à la situation? tout simplement parce que dans cette situation là, il y a eu peut-être à un moment donné une erreur de communication et de confiance et cela n'est pas obligatoirement un problème d'éducation ou de hierarchie.
Ce qui est sur c'est qu'en essayant de faire taire le chien on ne supprimera pas cette émotion négative. Répondre au grognement par une agressivité dirigée vers le chien, c'est un manquement aux règles de savoir-vivre chez le chien, rentrer en conflit n'engendra qu'un conflit supérieur le chien ne retiendra qu'une seule chose, c'est qu'il ne faut pas grogner, de ce fait il supprimera, par la suite, le grognement et passera à l'action directe soit la morsure.
Tous les chiens peuvent mordre, du golden retriever, au caniche en passant par le rottweiller, et le bichon maltais, la seule différence est la puissance de la morsure, Il n'existent ni de chiens gentils, ni de chiens méchants, l'agressivité fait partie intégrante des fonctions comportementales de toutes les espèces animales, les chiens ne mordent que parce qu'on dépasse leurs limites, leur seuil de tolérance, la menace qu'ils perçoivent se prolonge malgré leur avertissement.

Alors que faire devant un chien menaçant dans la cellule familiale ?

Le premier conseil est de surtout ne jamais rentrer dans le conflit, cris, contraintes physiques, violences n'ajouteront que confusion et renforcera le chien dans sa raison de se sentir menacé. Bannissez une fois pour toute la violence.

Oublions la punition, la punition n'existe pas chez les chiens, ils ne peuvent pas la comprendre, ils n'intègrent qu'une seule chose : c'est qu'ils ne doivent pas faire confiance en l'être humain. La punition n'a qu'une utilité : servir de défoulement à l'être humain.

Des deux, de l'être humain et du chien, c'est l'être humain le plus intelligent, c'est donc à lui à réfléchir et à essayer de comprendre ce qui se passe.

Le deuxième conseil est d'observer intelligemment et objectivement, se poser les bonnes questions : dans quelles circonstances le chien grogne ? quel est le déclencheur ? est-ce dans le cadre de la manipulation du chien, de l'approche de son panier, de l'approche d'enfants, de l'approche de certaines personnes, dans un lieu particulier, ou bien est ce quant il est en laisse etc..

Le troisième conseil est de déterminer le seuil de tolérance, à combien de mètres le chien commence à réagir, ceci pour prévenir et anticiper la problématique, afin que la situation ne se reproduise pas, ou tout du moins n'évolue pas vers une finalité totalement invivable.

Le quatrième conseil est de déterminer s'il y a une insécurité hiérarchique du chien dans la cellule familiale en se posant également les bonnes questions : sommes-nous toujours constants dans nos demandes, malgré la fatigue, le travail, est ce que dans certaines situations, c'est le chien qui décide, alors que dans d'autres, ce sont nous, les êtres humains qui imposeront ?

Une situation non structurée, non constante va perturber le chien car il ne comprendras pas pourquoi dans certaines situations, c'est lui décide, et à d'autres moments ces décisions sont contestées.
Il ne s'agit pas de contraindre le chien à une obéissance robotisée, il s'agit simplement que le maître redevienne le décideur de toutes actions du chien en étant juste, respectueux et constant dans ces demandes.

Il est évident que pour un propriétaire de chien menaçant, il est très difficile d'être objectif, trop dans la situation, il a peu de recul pour analyser ce qu'il se passe réellement, son affectif est touché, le premier conseil doit être impérativement mis en place. Cependant,quelque que soit le stade de la menace, il est indispensable que les propriétaires de chiens menaçants consultent même s'il ne s'agit que d'un seul grognement.
Les comportementalistes, tout du moins ceux qui sont correctement formés, sont des professionnels compétents qui sont là pour aider à mettre en place une relation optimum entre l'être humain/chiens et l'harmonie dans la cellule familiale.

Françoise Martin

 

 

 


 


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