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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 10:41
Mon précédent coup de pied dans la fourmilière a mis en action quelques petites fourmis guerrieres..leurs piqûres acérées ont tentées de me mettre à terre à des fins de transport par leur compatriotes spécialisées..., cependant malgré leur agression en grosse partie de très bas niveau, le personnage visiblement dangereux que je suis est toujours debout, de simples petites cloques restent présentes, me grattent parfois, me rappelant que le désir de vérité et de contre-pouvoir n'est pas toujours sans danger....
Si le fait de dire « je ne suis pas d'accord » est suivi du port obligatoire de la muselière...je n'ai pas fini alors de grogner et de montrer les dents contre les « marchands du temple » avant que la muselière me soit imposée, ou que l'évaluation comportementale que je risque de subir me soit fatale....

Quelques perles après la réussite brillante aux QCM du premier cesccam :

 • Après 3 jours de « formation » et la réussite aux QCM : « c'est l'équivalent de la formation donnée aux vétérinaires ».....oups...si mes informations sont bonnes, le cursus de nos docteurs vétérinaires est de bac plus 7 avec un doctorat en prime, plus un c.e.s pour celles ou ceux qui sont comportementalistes... chers Docteurs, pourquoi tant d'années alors qu'en 3 jours c'est plié !!!!

• Après 3 jours de « formation » et la réussite aux QCM : « Nous pouvons recevoir des propriétaires et juger s'ils sont aptes ou non à détenir un chien »....oups.... la personne n'a pas tout compris ...sur quoi c'était déjà les QCM... ???

 • Après 3 jours de « formation » et la réussite aux QCM : « Vivement que les décrets d'application soient passés pour que nous puissions exercer »....oups...la personne n'a pas tout compris....un nouveau métier serait-il né « le sapiteur »...sur quoi c'était déjà les QCM... ???

 • Après 3 jours de « formation » et la réussite aux QCM : « nous avons réussi « l'examen » c'est donc que nous sommes capables de former des gens »...oups....reussir à un QCM c'est bien....la capacité..c'est autre chose...être formateur est un métier surtout quant il s'agit de former des adultes sous « contrainte » de la loi...

Quelques questions se posent :

 • Est-ce que les QCM validant cette « formation » sont sur la vie des fourmis et leur mode de reproduction... ou bien en rapport avec la loi et le chien ???

• Est-ce que les « formateurs (trices) » ont-ils des pré-requis ..eux... ?

• Si oui, pouvons nous savoir lesquels ?

• Est-ce que les stagiaires ont connaissance du fait que les vétérinaires évaluateurs ont comme conseil de référer, si le besoin s‘en fait sentir, à un confrère spécialiste du comportement, soit à un vétérinaire comportementaliste ? d'autant que les vétérinaires sont dans une obligation de moyens...quid du sapiteur ?

• Comment se fait-il que certaines interprétations de la loi, comme il y en a toujours pour toutes les lois, puissent être par contre, présentées par la suite comme FAISANT LOI par des « étudiants » qui ont été reçus aux QCM....information érronée, mal formulée, mal comprise ?

Tant de questions et si peu de réponses....si ce n'est l'intention non dissimulée de m'empecher de vous apporter un autre éclairage, une autre vision....

Françoise Martin

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 22:03

Le CESCCAM :une nouvelle race de chien ? une nouvelle discipline de travail ? un nouveau jeu pour nos compagnons, et ben non...rien de tout cela le CESCAM c'est le certificat d'Etudes pour les Sapiteurs au comportement canin et accompagnement des maîtres...oups !!  çà « en jète hein... ». Articulez bien et dites devant une glace « j'ai le CESCAM » alors çà bluffe hein....et bien effectivement çà bluffe...il est bien là le problème....

Mais qu'est ce que le CESCCAM : formation de 3 jours, finalisée par un « QCM » pour le prix de 160 euros, organisée par un syndicat et une association. Les intervenants ne sont pas, à priori, connus avant les inscriptions (quid de leurs compétences ?)

Cette formation est sensée former des sapiteurs, mais qu'est ce qu'un sapiteur : un sapiteur c'est, en résumé, un «  sachant » c'est-à-dire un expert en la matière. Cette formation est ouverte à tout le monde, sans pré requis, ce qui laisse donc supposer qu'en 3 jours, elle donne la possibilité d'être des experts en comportement canin..... et en accompagnement des maîtres..quelque soit vos connaissances du départ...hum...!!!

Reprenons l'historique de la loi concernant « les chiens dangereux » puisqu'il s'agit de cela : la loi 2008-582 prévoit la formation des maîtres de chien de 1er et de 2eme catégorie, ainsi que des chiens désignés par le maire. Dans le cadre de l'évaluation comportementale faite obligatoirement par un vétérinaire,(article D211-3-1 du code rural) ce dernier pourra, éventuellement, faire appel à un « sapiteur » s'il estime avoir besoin d'un avis « de terrain » qui ne saurait de tout façon qu'être consultatif, car en aucun cas cet avis est obligatoire pour le vétérinaire dans le cadre de son évaluation.

Actuellement, la loi 2008-582 qui prévoit la formation des maîtres ne peut être appliquée car aucun décret d'application, ni arrêtés n'ont vu le jour.

  • A priori, c'est la DGER qui va gérer l'aspect formation des maîtres (direction générale de l'enseignement et de la recherche)
  • A priori, les personnes habilitées à dispenser des formations devront être agrées par la préfecture après avis du service des formations (srfd) de la DRAF (direction générale de l'agriculture et de la forêt).
  • Un arrêté définira les conditions de diplôme ou d'expérience qui permettront d'agréer les personnes.                                                                                              
  • Quid du CESCCAM réellement ?

Ce qu'il est nécessaire de savoir également :

  • Si le logo de l'Enseignement Agricole est présent sur certains programmes ce n'est pas parce que la "formation.." est reconnue au niveau national, c'est tout simplement parce que certaines "formations" vont être dispensées dans les locaux d'un lycée agricole....un petit peu limite..... 
  • Si certains professionnels ont réfléchis sur les «modules» présentés dans le cescam, c'est qu'au départ, l'éventualité d'une formation avait été présentée uniquement pour les professionnels de l'éducation et du comportement canin (professionnels avec un n° de siret).
  • Si certains professionnels ont réfléchis sur les «modules» présentés dans le cescam, c'était pour permettre aux éducateurs canin professionnels et aux éducateurs- comportementalistes d'acquérir d'autres compétences afin de pouvoir faire reconnaître leurs spécificités, et d'être si la demande des vétérinaires se faisait sentir, des professionnels sérieux et compétents sur le terrain.
  • En finalité, le projet a été totalement détourné de son objectif premier puisque, à priori, aucun pré requis n'est demandé, ce qui laisse supposer que n'importe qui peut devenir un soi-disant «sapiteur«, ce qui laisse rêveur quand nous nous remettons dans le contexte de la loi sur «les chiens dangereux»........
  • En finalité, le projet a été détourné de son objectif premier puisque les professionnels "déclarés" risquent de subir une nouvelle fois la concurence déloyale d'un travail "au noir", curieuse conception de la part d'un syndicat sensé promouvoir les activités des professionnels du chien....

Quid des véritables compétences des véritables professionnels ?

Quid de la reconnaissance des savoirs existants et du savoir-faire des professionnels de terrain?

Pensez-vous, sincèrement, que la profession vétérinaire va faire appel à des personnes dont l'intégralité des connaissances réside dans 3 jours de formation, et dont la pratique est inexistante ???

Alors que dans la « semaine vétérinaire » n° 1327 en date du 19/09/08, le docteur Claude Beata, vétérinaire comportementaliste, président de Zoopsy, et membre du bureau du GECAF disait, je cite » le métier d'éducateur à besoin de se structurer pour savoir qui travaille correctement ou non... » » il est possible de poser une plaque d'éducateur du jour au lendemain, et cela devient compliqué pour le public de s'y retrouver. Il y a donc nécessité de clarification de la qualification des professionnels. Le risque est aussi que des confrères fassent appel à des éducateurs potentiellement dangereux, sans pouvoir réellement s'appuyer sur leurs compétences »

Dans la même « semaine vétérinaire », le docteur Christian Diaz, président de l'association francophone des vétérinaires praticiens de l'expertise disait, je cite « je précise que si seuls les vétérinaires peuvent afficher le titre de vétérinaire-comportementalistes, n'importe qui peut se proclamer comportementaliste canin, il s'agit là d'une grande nébuleuse où le pire côtoie le meilleur."

Les « marchands du temple » seraient-ils de retour ?, surfant sur la vague médiatique, faisant miroiter un magnifique mirage entraînant dans son sillage une myriade de soi-disant « sapiteurs » plus légers de 160 euros.

Accessoirement: et les chiens dans tout çà....et les maîtres....

Françoise

 

 

 

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 08:43

Marchands d'angoisses, marchands de peur, marchands de haine, metteurs en scène sans scrupules, construisant et attisant semaines après semaines cette culture de la peur, phénomène récurant des sociétés dictaturales, les médias serviteurs d'une politique sécuritaire, ont désignés, après « la racaille des banlieux , la religion coranique, les immigrés clandestins, les plombiers polonais », le retour de la BETE SANGUINAIRE.....

Mais qu'elle est cette bête qui fait si peur...cette bête se promène en plus dans nos rues, au vu et au su de chaque personne....cette bête vous « oblige »  à changer de trottoir...mais dans quel film de science fiction sommes-nous ??? Ah non...je me trompe c'est la réalité.....Un nom !!! Un nom !! Un nom !!! Va-t-on nous dire enfin son nom ??? Va-t-on nous laisser dans le doute pendant combien de temps....allez on le dit, on le dit...cette BETE SANGUINAIRE, c'est ...c'est...............

Quelle horreur, quoi...cette bête dangereuse vit près de nous depuis des millénaires, sans que nous en ayons conscience, côtoyant de près les enfants, les personnes âgées, les handicapés et en plus, my god !!! on nous dit aussi qu' elle a des dents...et en plus qu'elle peut s'en servir....mais c'est du délire..

Mais nous vivons dans l'horreur absolue, mais que fait la police, mais que fait l'Etat, le peuple manipulé, maintenu dans une débilité consternante hurle à la protection, et : « roulement de tambour » : oyez, oyez bonnes gens , soyez rassurés, tournicotti, tournicotta, le bon Nicolas va nous arranger çà.....une loi par si, une loi par là, et la BETE « muselée » n'en reviendras pas....

Le peuple assoiffé et manipulé est satisfait, il range pour un temps ses fourches et ses piques, surveillant de près son voisin et la bête sanguinaire car en bon citoyen français, la délation faisant partie de sa culture primaire, il n'hésitera pas à montrer du doigt celui ou celle qui résistera....

Le bon Nicolas rigole sous cape, il accède au rôle de sauveur, le peuple se prosterne devant son icône ne percevant pas, par manque d'objectivité et de réflexion, que derrière le rôle de sauveur se profile celui de persécuteur......

Mais, au fait, quelle est finalement cette BETE SANGUINAIRE.....accrochez-vous..çà va être terrible..la BETE SANGUINAIRE, c'est..c'est.. LE CHIEN ..... !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Et vous savez quoi ???? 16 enfants par an meurent, en France, par le jeux du foulard et cela depuis des années......166 femmes par an meurent, en France, sous les coups de leur compagnon masculin.... la BETE SANGUINAIRE n'est peut-être pas celle que l'on veut vous faire croire...????

(Le commentaire de "toobib" est pertinent comme d'habitude, il nous rappelle qu'un peu plus de 30 personnes sont mortes depuis 20 ans mettant en cause le chien....)

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 08:48

NOTES SUR LA CONFERENCE DE RAY COPPINGER (2005)

Ecole Veterinaire  Maisons-Alfort

(à partir de la traduction simultanée) Rapporteur : Françoise Martin, Catherine Aye


Le professeur COPPINGER est l'un des spécialistes mondiaux de l'écologie comportementale des chiens. L'écologie comportementale, nouvelle appellation de l'éthologie, étudie, dans une espèce animale donnée, les différences entre les individus (diversité intraspécifique).

Son programme de recherche couvre des domaines aussi divers que la reconnaissance individuelle, l'orientation dans l'espace, la communication au sein du groupe et, d'une manière plus générale, les processus évolutifs ayant déterminé le comportement et la vie cognitive du chien.

Le Professeur Ray COPPINGER a passé sa vie professionnelle et privée à étudier le comportement des chiens, depuis leurs origines jusqu'à leurs relations avec les hommes. Il a parcouru le globe en étudiant aussi bien les meutes de chiens sauvages de l'île de Pemba que les chiens de traîneaux de l'Arctique. Il est reconnu comme le père de la nouvelle théorie de l'évolution des loups aux chiens. Ses travaux concernent également les effets de la domestication sur la morphologie, la physiologie et le comportement des chiens. Il a en outre étudié les chiens gardiens de troupeaux et les chiens de berger.

1.     Origine du chien :

La plupart des écrits concernant l'origine du chien nous ramènent aux loups. Mais ce ne sont que des hypothèses, aucune donnée scientifique ne l'a prouvé véritablement. Pour beaucoup, le chien serait même un loup domestiqué.

Le professeur Ray Coppinger présente une autre hypothèse, le chien serait une espèce voisine ayant vu le jour suite aux différents croisements entre les loups, les coyotes, les chacals et le loup rouge. Le chien serait donc issu d'une hybridation. Pour lui, d'ailleurs peut importe l'origine exacte du chien le principe n'étant pas de savoir si le chien descend du loup mais de comprendre que le chien est issu d'un réseau phylogénétique avec donc un échange de gênes multiples et ce, sur plusieurs milliers d'années. Il constate: "personne n'a jamais réussi au cirque à présenter de numéro avec un loup dressé". On doit donc se demander ce que pouvait bien avoir de si particulier, voilà environ 15 000 ans, le loup d'Asie Orientale, pour " accoucher " du chien, compagnon sans lequel l'histoire de l'homme aurait certainement été bien différente ».Ce qu'il a pu constater au fil de ses recherches, ce sont les différences importantes qui existent entre le loup et le chien.

  • Le loup n'aboie pas, la différence précise avec l'aboiement du chien, c'est la fréquence du signal vocal d'alerte. Le loup émet un signal et s'en va, le chien aboie plusieurs fois pour faire partir. Les deux signaux font partie du modèle moteur d'évitement du risque (voir le paragraphe sur la génétique du comportement).
  • Le loup a une taille de tête beaucoup plus grande que le chien à poids égal. Si le chien descendait du loup, selon les lois de l'évolution élaborées par Darwin qui montrent que la vie va du moins complexe au plus complexe, il serait bien plus complexe avec un cerveau plus grand.
  • Le loup a des molaires beaucoup plus grosses que le chien à poids égal.
  • le loup a une peau moins épaisse que le chien, (les esquimaux se sont aperçus que leur pantalon en peau de loup tiennent environ une saison, ceux en peau de chiens environ 6 ans!!).
  • Le loup se reproduit en fonction des saisons, de l'été jusqu'en automne les loups mâles sont en période de repos, ils présentent alors une diminution de la grosseur des testicules, ils sont incapables de saillir même si on leur présentait une louve ou une chienne en chaleur.
  • Le loup présente une période de socialisation possible jusqu'à 19 jours après la naissance. Les dresseurs qui utilisent des loups enlèvent d'ailleurs les louveteaux à la mère pour pouvoir les imprégner sur eux en alimentant le bébé au biberon. Au delà de ces 19 jours, le loup ne deviendra jamais éducable. (chien 16 semaines).
  • Le loup est beaucoup moins rapide que le chien sur une longue distance
  • La louve doit avoir atteint un certain poids corporel pour pouvoir tomber en chaleur et avoir la capacité de reproduire.
  • Le loup ne mange pas en présence de l'être humain, (si vous jetez de la nourriture, il prend et s'en va plus loin, voir se cacher pour pouvoir la manger). Les chiens de village ou les groupes sociaux de chiens mangent dans les décharges à proximité des l'être humain sans aucun problème.
  • Le loup a un comportement social de meute, le chien vit en groupe social. Les premiers ont un comportement de meute afin de coopérer durant la chasse pour tuer des grandes proies. Après la chasse, ils retournent à leur repaire afin de régurgiter la nourriture pour une seule portée de bébés. Habituellement, il n'est pas possible qu'un loup seul (ou deux loups) puisse tuer des grandes proies ou élever seul une portée de bébés. Ainsi, la meute, souvent composée de membres d'une même famille, travaille ensemble dans l'optique d'une stratégie de survie. Pour les chiens, les autres chiens ne sont d'aucune aide lorsqu'il s'agit de se nourrir ou de nourrir les bébés.
  • Le loup mâle est capable de régurgiter pour nourrir les petits, les chiens mâles ne s'occupent pas des chiots.
  • Mais pour R.Coppinger, la différence la plus importante serait chez le loup l'apparition de comportements spécifiques à l'espèce (comportements émergents) pendant la période juvénile, qui est en fait le moment de transition entre l'évolution du jeune vers l'adulte (entre 4 et 12 mois), ils commencent à mettre en place le modèle moteur de recherche de nourriture, en même temps que les comportements de meute. Ces comportements émergents n'existent pas ou très peu chez le chien du fait qu'il n'y a pas chez ce dernier le modèle moteur de recherche de nourriture, il n'existe plus ou très peu du fait que l'être humain lui donne à manger, la mère n'ayant plus besoin de chasser, ni de régurgiter il n'y a donc plus l'apprentissage des codes de vie en meute.

2.     Domestication :

Beaucoup de chercheurs et de scientifique pensent que l'homme serait allé chercher  ou rencontrer des loups moins craintifs pour pouvoir les domestiquer, les apprivoiser, les élever et les faire devenir à long terme les chiens que l'on connaît. Pour lui il est impossible qu'il y ait eu adoption du loup par l'homme, par contre il pense qu'il y a eut adoption de l'homme par le loup-chien.

En effet le professeur Coppinger pense que cette adoption s'est passée lorsque les hommes du Mésolothique ont imaginés de vivre en village. Ils construisent des maisons permanentes et deviennent sédentaires.

Avec la sédentarisation, les déchets, les décharges sont apparues, et des loup-chien attirés par de la nourriture facile se sont installés dans cet environnement. Plus besoin chercher la nourriture, plus besoin de chasser, le garde manger était là en permanence sans effort.

Ils sont devenus alors ce que Mr Coppinger appelle des chiens de village. Le chien de village n'est pas un animal de meute au même sens que l'est un loup. Bien que les chiens aient chacun leur territoire et habitent un espace solitaire ils ne sont pas asociaux. Ils se sont adaptés pour se nourrir dans les villages (petites dents, petite tête et petit cerveau) et le comportement qu'ils ont pour se nourrir est spécifique à leur environnement). Cela signifie qu'ils attendent seuls la nourriture, et non pas de façon coopérative. Et ils sont "conscients" que les humains sont la source de leur nourriture. Ainsi, ils se focalisent sur l'activité humaine, plutôt que d'éviter l'activité humaine.

Certains chiens moins craintifs vont s'approcher de plus en plus près des hommes et vont cohabiter avec lui en les accompagnant dans certaines activités par exemple en suivant le berger qui part garder son troupeau. Quelquefois les enfants vont rencontrer de très jeunes chiots et rentrer en communication avec, en jouant et en s'amusant.

R. Coppinger a rencontré un jeune garçon Masaï dans un des villages d'Afrique du sud qui partait pour faire paître un troupeau. Un chien le suivait.

R. Coppinger lui demande «  c'est ton chien »

le garçon dit » non c'est un chien du village »

Coppinger : «  il a un nom ? »

Le garçon : « non pour quoi faire ? »

Coppinger « tu lui donnes à manger ? »

Le garçon se met à sourire voire à rire et regarde Coppinger comme s'il venait d'une autre planète et lui dit «  donner à manger à un chien ? Mais le chien se nourrit tout seul »

Coppinger « mais que fait-il avec toi ? »

Le garçon » il m'accompagne depuis qu'il est tout petit »

Coppinger lui demande pourquoi et le garçon lui répond « je n'en sais rien ».

R.Coppinger a voyagé dans le monde entier pour rencontrer les chiens. Pour lui, il est très rare de rencontrer des chiens sans la présence de l'homme, il existe donc une symbiose entre le chien et l'homme, et le chien a une relation obligatoire avec l'être humain. Pour lui, si les chiens disparaissaient, l'homme n'aurait pas de problème, par contre l'inverse ne serait certainement pas vrai pour le chien.

3.      Evolution, sélection, génétique du comportement et caractéristiques de race

  •   Evolution:

Pour R. Coppinger, nous n'avons pas de données vraiment fiables sur la présence de la cohabitation du chien et de l'homme, peut-être sept à huit mille ans avant JC, ou bien quatorze mille ans avant JC mais cela n'a pas beaucoup d'importance pour lui.

L'évolution se serait faite par sauts et non pas graduellement, et un des effets fondateurs de cette évolution serait la maladie. La plupart des populations animales sont à un certain moment de leur existence ravagée par des épidémies diverses. Quelques individus survivent pour diverses raisons, plus résistants, organismes en meilleur état, etc. De ces survivants va naître une nouvelle population possédant des gènes de l'ancienne population et en plus de leurs gènes de nouvelles caractéristiques particulières qui leur permettent de s'adapter au nouvel environnement, et ainsi de suite et cela partout dans le monde. C'est l'adaptation à l'environnement qui permet l'évolution.


  • Sélection:

Pour R.Coppinger, il existerait trois types de sélection intervenant dans la domestication, qu'il illustre de cette façon :


*la sélection naturelle : un individu plus sociable, moins craintif a adopté l'être humain, il mène sa vie à côté de lui et se reproduit dans l'environnement où il vit. Par exemple ce sont les chiens de village qui vivent à proximité des décharges.


*la sélection artificielle : d'un de ces individus plus sociables naît un petit que l'être humain récupère, sans vraiment le choisir dans la portée, qu'il socialise et forme à une activité particulière.


*la sélection génétique : pour obtenir un animal apprivoisé, l'être humain a pris des animaux sauvages, les a placés en captivité. Par ex les renards du généticien russe Dimitri Belyaev. Belyaev a fait reproduire des renards en captivité, quelques génération après, il a vu apparaître des renards avec des oreilles tombantes, des couleur de robe différentes et un début d'aboiement qui sont des caractéristiques de chiens. Il a pu également mettre en avant que ceux qui avaient une robe avec plusieurs couleurs seraient moins craintifs. Leur docilité serait due à un taux d'adrénaline plus bas, il y aurait donc corrélation en couleur de robe et glande surrénale (à prendre avec réserve).

Dans cette sélection génétique, deux types de sélections existent :

*la sélection postzygotique : c'est à dire que qu'un groupe de chiens possède 1 ou 2 caractéristiques particulières. En se reproduisant entre eux, ils font ressortir ces caractéristiques qui conviennent à l'homme. Celui-ci va chercher à les conserver.

*la sélection prézygotique : l'être humain aimant ces caractéristiques ne fait reproduire que certains animaux en espérant garder ces caractéristiques spécifiques. Cette sélection est donc le fruit de l'hybridation, au sens de croisement, et non pas le fruit d'une sélection naturelle. Il y a eu intervention de l'homme dans le choix des reproducteurs.


  • Génétique du comportement, caractéristiques et naissance des races:

La réflexion de R.Coppinger l'amène à dire qu'il n'y a pas un éthogramme de chien mais plusieurs éthogrammes. Cette hypothèse totalement nouvelle bouleverse les  certitudes actuelles, puisque pour beaucoup de scientifiques un chien est un chien quelque soit la race.

L'éthogramme est l'ensemble des modèles moteurs relatifs à l'animal. On entend par modèle moteur une suite de séquences de comportements spécifiques qui s'intègrent dans le développement de l'animal, et qui s'inscrivent comme des règles. Ces modèles moteurs sont des instincts réflexes, des sortes de programmes inscrits dans le cerveau. Ils ont donc une prédisposition génétique mais ne pourront s'exprimer que si l'environnement est propice.

Par ex : le border qui possède le modèle moteur : je fixe, je me mets à l'affût, je chasse, je saisis». Ces modèles moteurs sont des comportements programmés et l'animal ne se rend pas compte de ce qu'il fait. Si le Border vit dans la bergerie, avec les moutons, il ne peut pas développer son modèle moteur. Il doit être socialisé au troupeau mais ne peut y vivre, sinon il va s'attacher aux moutons et ne pourra pas mettre en place le programme à la base de la conduite de troupeau.

Il existe quatre grands modèles moteurs :

*la recherche de nourriture ;

*l'évitement du risque ;

*la reproduction ;

*le comportement parental.

Pour établir des éthogrammes par race, il faut mesurer les modèles moteurs, ces mesures sont faites sur :

*la forme : ensemble de règles qui correspondent à un environnement particulier ;

*la fréquence : de rare à très fréquent ;

*la séquence d'expression (chasse, attaque etc.).

L'agressivité pour R.Coppinger n'est pas un modèle moteur spécifique, c'est un comportement qui s'inscrit dans l'une ou l'autre des catégories. Ces comportements d'agression sont là soit pour protéger quelque chose, soit au niveau de la reproduction, soit au niveau de la nourriture, soit pour se protéger soi-même et dans ce cas précis, c'est donc l'évitement du risque.

Si nous prenons le loup, le modèle moteur de recherche de nourriture est différent suivant les âges. Les jeunes observent l'adulte qui ramène la proie, pousse la proie de la tête, monte sur la proie puis mendie aux adultes. Les adultes se mettent en place, se mettent à l'affût, courent, attaquent et tuent.

Si nous prenons le border nous avons l'apparition à l'âge de 10 semaines du modèle moteur « je fixe, je me mets à l'affût etc. » qui est comportement homologue à celui du coyote dans recherche de nourriture, mais le seuil d'arrêt est différent pour le coyote qui lui va jusqu'à tuer. Mais ce modèle moteur n'apparaît pas par exemple chez le berger d'Anatolie.

Concernant le modèle moteur de la reproduction il apparaît à 6 mois chez le border, vers 17 mois pour le berger d'Anatolie.

Chez un berger allemand, le modèle moteur de l'évitement du risque apparaît à l'âge de 5 semaines, alors que chez le labrador ce modèle n'apparaît qu'à 8 semaines.

Par ailleurs, en ce qui concerne le modèle moteur d'évitement du risque, le hurlement ou aboiement est une partie séquentielle de ce modèle moteur. Mais il varie suivant l'espèce et la race. Il faut étudier cet aboiement ou hurlement pour pouvoir connaître les différences et leurs significations. Pour mesurer le hurlement il faut avoir un appareil qui enregistre les données style oscilloscope. Puis on différencie plusieurs critères.

Tout d'abord on mesure la fréquence du hurlement au sein de laquelle on peut isoler deux modalités différentes : le ton grave et le ton aigu. Le ton est grave, constant, il est synonyme d'apaisement, d'amicalité, il va inciter le receveur de cet aboiement à réduire la distance qui le sépare de l'individu qui l'émet. Si le son est plus aigu, haché et rapide il est synonyme d'agressivité, le receveur va alors s'éloigner de l'émetteur.

Sont ensuite étudiés le rythme et l'amplitude (les décibels) de l'aboiement.

R.Coppinger met en évidence grâce à ces mesures les différences d'aboiement entre, par exemple, un beagle, un berger allemand et un chien de protection. L'aboiement est donc spécifique à la race.

Il a pris également connaissance d'un comportement de combinaison dans l'aboiement qui est une association de graves et d'aigus qui n'a pas beaucoup de signification. Par ex. le chien qui est attaché et qui va aboyer avec une modulation de graves et d'aigus, le receveur n'a pas d'indication précise et peut s'attendre à tout, on serait en présence alors d'un aboiement émotionnel.

Le cri d'alarme des chiots apparaît à la naissance et s'arrête à 2 mois. Par contre la mère n'y répond qu'à partir du moment où le dernier chiot est né. Et d'autre part elle n'y répond que jusqu'à 13 jours. Ensuite il semblerait qu'elle ne soit pas consciente du péril du chiot. Mais ceci varie selon les races et les individus. Les terriers ne répondent à ce cri de détresse seulement jusqu'à 9 jours. Après 2 mois ce cri se transforme et commence à se moduler pour devenir le cri d'alarme du jeune puis de l'adulte.

Pour R.Coppinger, les caractéristiques des races viennent exclusivement du déplacement des chiens de village grâce aux grandes transhumances. Certaines de ces grandes transhumances se faisaient sur des milliers de kilomètres. Les chiens de village se rencontraient, se reproduisaient etc. Les gènes se sont alors répartis au fil des rencontres, et au fil des traversées de pays. Puis suivant les caractéristiques des chiens, les être humains ont souhaités garder certains modèles moteur et les ont sélectionnés pour des activités spécifiques.

Mais pour R.Coppinger, il peut y avoir des variations entre les animaux en fonction de leur environnement, c'est à dire que la variation génétique interagit avec la variation des milieux de vie.

Ses recherches sur les chiens de protection de troupeau  ont fait apparaître un taux de dopamine (molécule) relativement bas, par rapport aux chiens de conduite de troupeau. Plus la dopamine est élevée, plus le chien est excitable. Visiblement une alimentation pauvre en fer entraînerait une faible production de dopamine. Les bergers d'Anatolie en Turquie sont nourris pratiquement exclusivement avec des produits laitiers, pauvres en fer. Leurs analyses montrent un très faible taux de dopamine.


4.     Intelligence et émotions


A)
Dans la définition de l'intelligence, certains experts pensent qu'il y a 3 types d'intelligence:

a) la capacité conceptuelle (ou boite à outils mentale) ;

b) la théorie de l'esprit (ou le chien a-t-il un esprit ?) ;

c) la théorie de l'intentionnalité du système (Dennett 1983).


  • a) dans la capacité conceptuelle on a différents éléments.


*La connaissance de l'objet : par exemple, l'être humain fixe une bouteille, cette bouteille avance toute seule, l'être humain va se mettre en interrogation car il a connaissance de l'objet et des capacités de l'objet, une bouteille ne peut pas avancer toute seule.

Pour le chien, si on fait semblant de jeter une balle, il va partir dans le bon sens, il a donc une partie de la connaissance de la balle. Mais si la balle a un comportement inhabituel cela ne lui posera pas de problème.

*Image et permanence de l'objet :on installe 3 pots, on montre au chien la balle et on va cacher la balle dans un pot, puis on reprend la balle et on la met dans un deuxième pot puis on la ressort et la remet dans un troisième pot et on demande au chien d'aller cherche la balle. Il ira chercher la balle car il a l'image de la balle, il ne l'a trouvera pas directement car il n'a pas la permanence totale de l'objet, il ne peut pas se représenter l'image de la balle dans le bon pot. La représentation mentale de l'image se passe dans une partie du cerveau qui s'appelle le néocortex, or cet endroit du cerveau chez le chien ne fonctionne pratiquement pas.

Par contre si on lui montre le pot, il ira vers le pot, il est capable de faire un lien imaginaire sur la direction que nous lui indiquons jusqu'à la balle.

*La cardinalité, c'est à dire savoir compter : pour R.Coppinger, le chien n'a pas les outils mentaux pour compter, aucune étude sérieuse n'a pu, chez le chien, mettre cette capacité en avant.

*la capacité de faire une carte spatiale : du fait du nombre important de chiens qui se perdent tous les jours, R.Coppinger estime que le chien ne peut pas faire une représentation mentale dans l'espace. Aucune donnée sérieuse n'existe actuellement sur le sujet. Cela ne l'empêche pas de se retrouver par le flair mais il n'a pas de vue d'ensemble de son trajet.

*la notion et connaissance du temps : la définition du temps pour les philosophes et les physiciens, c'est se souvenir de l'avant et de l'après d'un événement. Pour R.Coppinger il doit y avoir un lien entre cette définition et la conscience, pour lui la conscience est la capacité à se souvenir de ce que l'on a fait. Ainsi le chien n'a pas de futur, il ne se projette pas dans l'avenir, il ne sait pas ce qu'il s'est passé la veille. Il ne peut donc pas avoir connaissance du temps. Sinon il aurait besoin de posséder la capacité de langage ni de capacité syntaxique.


  • b) La théorie de l'esprit: c'est la capacité à pouvoir faire des hypothèses sur ce que se représentent les autres, prédire leur comportement, leurs intentions, imaginer qu'ils ont telles ou telles préoccupations, croyances etc. On peut résumer en disant qu'avoir une théorie de l'esprit c'est pouvoir se représenter ce que se représentent les autres. Quand vous déprimez, est ce que le chien peut se représenter le fait que vous soyez triste, et le pourquoi de votre déprime? non.

Est-ce que le chien a une conscience de lui même ? Si on fait le test du miroir le chien ne se reconnaît pas, il n'a donc pas conscience de lui-même.


  • C) L'intentionnalité du système

Prenons un exemple : Spot le chien monte sur la terrasse et aboie.

*Est-ce que Spot monte sur la terrasse parce qu'il veut aboyer ?

*Est-ce que Spot monte sur la terrasse parce qu'il veut que ses propriétaires comprennent qu'il y a quelqu'un ?(notion de référence, il fait référence à ses propriétaires).

*est-ce que Spot monte sur la terrasse parce qu'il veut que ses propriétaires comprennent que lui-même (Spot) peut comprendre qu'il y avait quelqu'un ?

Mais est-ce que le chien sait ce qu'il est entrain de faire quand il aboie, ou est ce que l'aboiement n'est qu'un apprentissage involontaire ? R.Coppinger pense que le chien n'a pas d'intentionnalité.

En conclusion, R.Coppinger est d'avis que le chien n'est pas très intelligent voire pas du tout !! Cela ne lui enlève pas ses aptitudes et l'intérêt que lui porte l'homme.

B) Les émotions : le chien est-il capable d'émotions ?

Pour les éthologues, les émotions préparent tout l'organisme à l'action pour le plaisir et pour éviter les mauvaises choses. (Hanser 200). De ce fait, pour R.Coppinger la crainte par exemple n'est pas un modèle moteur mais c'est une émotion, un moyen d'équilibre pour trouver une solution, attaquer ou fuir, mais quelque soit la solution, elle fera plaisir à l'individu.

L'anxiété est une réponse chimique à une situation qui est génératrice de stress, et lors de la disparition de la réaction chimique on a alors l'apaisement.

Quand nous voyons deux chiens gueules ouvertes, crocs contre crocs, nous prenons cela toujours pour de la colère, mais cela n'est pas toujours le cas, quelquefois ils ne font rien de plus. Et s'ils prenaient plaisir à cette action ?

Pour les béhavioristes, un stimulus environnemental entraîne un modèle moteur approprié qui entraîne un résultat fonctionnel. Par ex : « Souris Þ saut Þ manger la souris. ». Il n'y a pas d'émotion à l'origine d'un comportement.

Mais on s'est aperçu que certains animaux faisaient des actions sans résultat fonctionnel, gratuitement, c'est à dire sans récompense, visiblement pour le plaisir.

Pour l'écologie comportementale, la motivation interne (crainte, anxiété, excitation, cherche etc.) entraîne le modèle moteur approprié qui entraîne la récompense interne qui est le plaisir.

Par exemple : le chien prend une posture dite de dominant, il prend du plaisir à adopter cette posture. Celui qui se soumet a de l'anxiété, il met en place son modèle moteur dit de soumission, qui fait diminuer son anxiété, ce qui lui apporte du plaisir.

Autre exemple si l'on prend le modèle moteur du Border collie :

« Je fixe, je me mets à l'affût, je chasse, je mords, etc. ». « je fixe » me procure un certain plaisir. Quand le seuil du plaisir est atteint, « je passe à l'affût », ce qui me procure encore du plaisir, puis, le seuil du plaisir atteint, « je passe à la chasse » etc.

En conclusion, le chien pour les éthologues est capable d'émotions.

Mr Coppinger n'a pas pu finir sa conférence par manque de temps.


 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 08:33
En préambule, je citerais un passage des derniers livres de Boris Cyrulnik « de chair et d'âme » : « La pensée paresseuse est une pensée dangereuse puisque, prétendant trouver la cause unique d'une souffrance, elle aboutit à la conclusion logique qu'il suffit de supprimer cette cause, ce qui est rarement vrai.

Ce genre de raisonnement est tenu par ceux qui sont soulagés dès qu'ils trouvent un bouc émissaire : il suffit de le sacrifier pour que tout aille mieux. La pensée du bouc émissaire est souvent sociobiologique : il suffit d'enfermer les tarés ou de les empêcher de se reproduire..... »

C'est une réflexion qui donne à réfléchir...

Rappelons-nous notre histoire de France : quels étaient les boucs émissaires de la dernière guerre ? Cette pensée simpliste et acceptée a entraînée un des plus grand génocide...

Presque dix ans déjà depuis la loi de 99 et est ce que cette loi a-t-elle vraiment répondue aux problèmes des morsures, visiblement non....Car aujourd'hui suite à une médiatisation discutable concernant des accidents regrettables nous sommes confrontés à une loi renforçant par de multiples amendements la discrimination et la catégorisation.

Je me pose une simple question:Qu'est ce qui rend la morsure d'un chien douloureuse, délabrante, mortelle si ce n'est la présence des dents !!!
Et si je proposais une loi qui oblige tous les propriétaires de chiens a faire enlever les dents de leur animal à partir de l'âge de 15 mois et le problème sera résolu...humour noir oui....cynisme oui...absurde oui çà c'est sûr mais pas plus que de réduire la problématique des morsures à une catégorisation, pas plus que de vouloir condamner et tuer des chiens pour délit de sale gueule. (J'utilise sciemment le verbe tuer car le verbe euthanasier est pour ma part une édulcorisation de l'acte venant du grec euthanos qui veut dire endormir,il ne me semble pas que lorsque le praticien ôte la vie à un animal, il l'endorme, il le tue, appelons alors honnêtement « un chat,un chat.. !) .

Qui sont ces proprietaires de chiens mordeurs:

Je ferais abstraction des propriétaires appelés « délinquants » utilisant le chien comme une arme ou à des fins de combat, je ne suis pas formée pour travailler avec ces gens là et en aparté, je pense qu'il serait peut-être intéressant de se poser la question suivante : est ce que tous les propriétaires de chiens de 1er ou de 2eme catégorie doivent-ils être ramenés à des délinquants en puissance ????...

Dans une agression avec morsure, il y a trois êtres vivants ou deux êtres vivants : le chien, le propriétaire du chien, la personne mordue, ou deux êtres vivants le chien et le propriétaire du chien.En posant la question quel est le dénominateur commun dans ce type d'agression, la plupart des réponses sont : le chien. Pourquoi ? simplement parce que c'est lui qui mord.

Moi je vois autre chose et je réponds : le propriétaire du chien, celui que nous appelons communément « le maître », et je vais m'intéresser à elle ou à lui.

La plus grosse moitié de mes consultations en tant que comportementaliste le sont pour agressivité du chien, ou morsures sur un être humain dans la cellule familiale, que cela soit l'enfant ou l'adulte, ou une personne extérieure, comme beaucoup d'entre nous.
En face de moi, je ne vois pas le propriétaire d'un chien qui mord, je vois un être humain en difficulté, la plupart du temps démuni, accablé, consterné, culpabilisé et montré du doigt par la « société », par certains professionnels, par la famille, parfois aussi déresponsabilisé par les croyances des uns et des autres : c'était prévisible, un rott c'est connu, c'est agressif et çà mord etc. etc....

Touché profondément dans son affectif quand la seule aide qu'il trouve est de se heurter à un diagnostic de « chien dangereux » et à la phrase qui anéantie » il faut le piquer, il est potentiellement trop dangereux, vous êtes irresponsable et en plus c'est un bull terrier.... » (là je fais un clin d'œil à Victor et à son propriétaire qui, je sais, Victor qui est toujours vivant et qui n'a  plus jamais mordu depuis plus de un an).

L'être humain en face de moi, la plupart du temps n'a pas de mot pour dire sa souffrance, son impuissance, sa colère, sa tristesse, et sa solitude devant la situation, devant le regard de jugement des « autres » alors la violence fait son apparition, quelque fois intériorisée, souvent extériorisée, la plupart du temps verbale, la responsabilité est portée sur l'autre, c'est pas ma faute, c'est la faute de ce sale « cabot », du voisin qui avait encore bu, de cette gamine hystérique, et mal éduquée (donc faute des parents de la petite fille) qui s'est approchée trop près, trop vite trop brusquement, de la personne âgée qui avait une canne et qui l'a levée, c'est elle qui a menacé mon chien etc.

Mais comment parler de soi quand l'autre a été mordu ? comment verbaliser des sentiments quand dans notre culture, nous avons été muselés depuis l'enfance, coupés de nous mêmes, n'avez vous jamais entendu cela ?, pour les garçons : arrête de pleurer on dirait une fille... pour les filles : arrête de pleurer, t'es bien une pisseuse....ne te mets pas en colère c'est pas bien...pourquoi t'es triste, t'as tout pour être heureux.... et puis arrête de rigoler, tu verras la vie n'est pas drôle tout les jours...arrête de rêver et fait ce que l'on te dit...arrête de t'écouter, t'es trop douillet, il faut se battre pour vivre dans notre société...arrête de pleurer ce n'était qu'un chien....

Déni des émotions, déni des sentiments, déni de la douleur, déni de la souffrance.

Alors comment parler? si ce n'est qu'avec l'aide du professionnel qu'il est venu consulter ? et en finalité pourquoi parler ?

Ce qu'il est nécessaire de comprendre, c'est que lorsque que je reçois un propriétaire de chien confronté à la morsure, je suis devant une personne qui vit un processus semblable au processus de deuil : le deuil d'une relation, le deuil d'une image, le deuil de l'amour donné à un animal.

Ce processus se décompose de la manière suivante :

* le choc  avec la sidération : Certaines personnes décrivent cette sensation comme le fait d'être enveloppé dans un cocon ou d'avancer comme un somnambule

*le déni avec le refus de voir la situation : c'est pas vrai, c'est pas possible, il a juste pincé etc.

*la colère : accusation, culpabilisation, jugement, rejet, dégoût : c'est l'autre....

* l'abattement : fuite, dépression

* le fatalisme avec sa résignation : on a tout essayé etc....

*l'accueil avec l'intégration de la situation, la construction, l'apprentissage, l'anticipation, la projection : ok c'est arrivé, nous prenons conscience de l'événement et nous pouvons faire encore quelque chose....

Ce processus de deuil une fois entamé va systématiquement se faire, par contre l'intensité de chaque "étape" est différente suivant chaque personne. Chacune peut être franchie plus ou moins rapidement, elles se cumulent généralement les unes aux autres et ce processus se complexifie par un phénomène que nous pouvons comparer au "yoyo".

Des sorties sont possibles à chacune des "étapes". Toutefois, lorsque chaque étape n'est pas "bouclée", il est possible que la personne "replonge" plus tard là où elle l'a quittée.

Les propriétaires de chiens viennent vers moi dans une demande de relation d'aide, cette relation d'aide fonde ses principes sur le non jugement, le respect et la confiance dans l'être humain, c'est à dire que la personne à la possibilité de trouver en elle même les ressources nécessaires à la solution de ses problèmes.

En effet actuellement dans notre société tout est pratiquement basé sur une méfiance en la personne. L'individu est vécu comme incapable de choisir des buts qui lui conviennent, aussi doit-on les lui fixer.

Et on doit le guider vers ces buts, car autrement il pourrait s'écarter du chemin choisi, du chemin normaliste. Les enseignants, les parents, notre société développent des procédures pour s'assurer que l'individu progresse vers le but choisi.

Dans notre vie sociale ordinaire, quand « l'autre » a des idées trop différentes des nôtres, il arrive qu'on le trouve déraisonnable, égaré, pour ne pas dire «  un peu fou ». La « mode » est, hélas, plus de savoir convaincre que de savoir comprendre.
La personne est vécue comme un être foncièrement en faute, destructeur, irresponsable ou les trois à la fois. Et cette personne doit constamment être surveillée alors qu'elle demande à être accompagnée.

Un autre caractéristique de la relation d'aide est le fait que je me concentre sur la personne même. Le foyer de l'intervention devient ainsi la personne elle-même et non son problème. Ceci évite à l'écoutant la trop forte tentation d'y apporter des solutions immédiates : faire à la place de l'autre.
Cette façon de se centrer sur la personne lui permet aussi de faire abstraction de sa subjectivité, de ses sentiments personnels ou encore de sa façon de voir le problème : « la carte n'est pas le territoire ».

L'écoutant doit développer sa sensibilité et son humanité. Il devra aussi accepter de s'approcher de l'autre avec un état de « non savoir », humble, afin de le rencontrer vraiment car dans une nouvelle rencontre, il s'agit toujours d'une page vierge à remplir. Les idées préconçues ferment la perception et sont les prémisses de la pensée unique.

Carl Rogers a été le premier psychothérapeute à mettre en lumière le rôle essentiel de la relation dans l'efficacité thérapeutique. Dans des publications parues entre 1940 et 1950, il décrit ce qu'étaient, selon lui, les trois conditions critiques permettant aux thérapeutes de promouvoir l'auto-actualisation de leurs patients :

  • avoir une attitude de compréhension empathique,
  • faire preuve d'une estime positive et sans condition,
  • être en congruence (être en correspondance authentique avec le patient)

Carl Rogers définit ainsi l'empathie : « ...être empathique consiste à percevoir avec justesse le cadre de référence interne de son interlocuteur ainsi que les raisonnements et émotions qui en résultent... C'est-à-dire capter la souffrance ou le plaisir tels qu'ils sont vécus par l'interlocuteur, en percevoir les causes de la même façon que lui... »

Plutôt que de chercher à promouvoir de meilleures méthodes, la recherche nous indique que la clé du succès réside dans l'habileté de l'écoutant à établir une bonne alliance avec son client.

Quelle que soit la méthode, le profil des clients, le problème ou l'étape de changement, l'empathie a un rôle déterminant, et prédominant.

Pourquoi parler...pour la motivation et le changement

Le concept d'empathie est présenté en mettant l'accent sur son rôle déterminant dans la dynamique interpersonnelle de la motivation et du changement :

  • Luborsky et al. (1975) suggèrent que ce sont les facteurs communs non spécifiques présents chez les thérapeutes (chaleur humaine, empathie, qualité de l'alliance, etc.) qui expliquent que les thérapies sont toutes d'égales efficacité.
  • Miller, Taylor & West (1980) suggèrent que le résultat de la thérapie est étroitement corrélé au degré d'empathie exprimée par le thérapeute.
  • Najavits & Strupp (1994) montrent que les thérapeutes efficaces font preuve de chaleur, compréhension et implication, alors que les thérapeutes moins efficaces sont plus à même d'ignorer, de rejeter ou de critiquer les patients.

Un vieux modèle pour promouvoir une nouvelle compréhension :

Yerkes et Dodson ont montré, dès 1908, les conséquences que pouvait l'évolution du niveau d'anxiété sur les performances mentales. Ils obtiennent une courbe en forme de cloche, prouvant qu'à de faibles niveaux de stress et d'anxiété, de même qu'à des niveaux élevés, les fonctions cognitives et la motivation sont peu performantes.

Les capacités d'attention, de concentration, de compréhension, de réflexion et de mémorisation sont réduites. En conséquence, il importe avant même de pouvoir communiquer des informations ou de partager un point de vue, que l'individu soit en mesure de les recevoir.

L'expression d'empathie participe au soulagement de la détresse, et ramène le stress et l'anxiété à un niveau compatible avec un meilleur fonctionnement cognitif.

Quelques exemples de phrases empathiques :

*Vous avez le sentiment de ne pas pouvoir faire...

 

* Vous éprouvez une frustration par rapport à ...

* Vous ressentez un malaise ... de la rancune ... etc. ...

*vous avez traversé une épreuve particulièrement éprouvante..

Comprendre ce processus de deuil, accompagner chaque étape avec empathie est indispensable pour que le propriétaire du chien puisse accueillir la connaissance de son animal, accueillir le changement, le vivre avec motivation, envie, plaisir, et pouvoir alors concentrer son énergie dans la recherche de ses propres solutions

Je conclue par deux citations, celle d'Einstein qui disait «  on ne règle pas le problème au niveau où il se situe, on travaille toujours au niveau supérieur »
Ce qui est intéressant c'est de se dire alors que le symptôme qui nous est rapporté n'est rien d'autre que la conséquence d'autres comportements en amont.

Nietzche disait quant à lui que «  l'homme est l'animal malade », c'est à dire malade de lui-même.

Si la connaissance et l'apprentissage de l'éthologie, en particulier de celle du chien est indispensable,la connaissance de la psychologie humaine, le mode de fonctionnement de l'être humain et le « décodage » des relations humaines semblent également essentielles.
Les deux sont indiscutablement complémentaires et indissociables pour que nous, professionnels de la relation d'aide, soyons en apprentissage constant, pour le respect des propriétaires de chiens, pour la survie de cette espèce : le chien, ce chien qui tant aimé, adulé est une nouvelle fois jeté à la vindicte sécuritaire d'un état parce que parfois.. parfois.. juste parfois il manifeste le droit d'exister à sa manière, avec son langage.

Françoise Martin



 

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 08:54

Ceux et celles qui sont venus à la maison ont connus ou aperçus cette chienne anachronique dans ma meute de grands chiens blancs, de format lupoïde, de couleur presque noire avec des bringures : Hambre préfixe Storm Haven. Hambre est un berger hollandais à poils court, je dis encore « est », pourtant Hambre est partie rejoindre les siens le 10 juin 2008, après 16,5 ans de vie à mes cotés. La tristesse, et la douleur émotionnelle ne m'ont pas permis de pouvoir écrire avant. Le processus de deuil s'est inexorablement enclenché, une douleur « douce » fait à présent son apparition.

Si je veux parler d'Hambre ce n'est pas pour étaler sur la place publique un émotionnel type presse people, mais pour parler d'un vécu, un vécu avec un chien particulier, différent.

A l'époque actuelle où la conformité est un modèle social encore de mise, ou l'uniformisation semble être le credo national, ou le canular grotesque des lois sur les chiens dangereux voté sur un fond d'émotionnel médiatisé met au pilori nos compagnons de chaque instant, dans cette époque actuelle, Hambre serait alors passée entre les mains de soi-disant experts du comportement, intellos des grilles d'évaluation pour finir sa vie sous la pression de la solution finale, cataloguée comme chien dangereux....

Dans notre culture judéo-chrétienne, lorsqu'un de nos proches disparaît nous avons pour coutume que les homélies rendues soient des panégyriques de vertus, encensant l'être disparu sous une tonne de merveilleux, individu exemplaire se parant de milles qualités, comme si nous voulions par ce moyen exorciser la mort, nous la rendant plus supportable, plus acceptable, les chiens quant à eux n'y échappent pas, et pourtant....

Et pourtant...oui, Hambre était potentiellement dangereuse, difficile, compliquée, ne supportant la présence d'aucun enfant, ayant à son actif avant l'âge de 1 an quelques morsures sur des bambins un peu trop agités, l'adulte quant à lui a peine toléré, estimant également que ces congénères ne devaient pas l'approcher à moins de 5 mètres, et que les chiots ne pouvaient être intéressants que sous ses crocs affûtés.

Que de remarques, de solutions et de conseils à l'emporte pièce j'ai du entendre, allant du chien dominant qu'il fallait « mater » par la violence, le collier électrique et j'en passe au chien irrécupérable qu'il fallait tuer.

J'ai refusé d'écouter, d'écouter tous ces gens férus de comportement qui analysaient le pourquoi d'un tel comportement agressif mettant en avant la responsabilité d'un éleveur incompétent, la carence de sa mère, la génétique de son père, l'incompétence de sa propriétaire (moi) sic !!

J'ai refusé d'écouter parce que je me suis noyée dans le regard d'Hambre, ce regard où le fond est inaccessible, ce regard si particulier qui vous donne l'impression que vous seul existez, que le monde autour de vous s'est arrêté, vous enveloppant dans une parenthèse d'intimité que pour rien au monde vous ne souhaitez briser, moment intemporel qui vous submerge et dont vous ne sortez qu'avec une certitude, celle de vivre le plus longtemps ensemble.
Alors au lieu de chercher à répondre au pourquoi, je me suis posée la question du comment. Acceptant sa problématique comme un handicap, le « comment vivre avec un chien cabossé de la tête... » est devenu ma réflexion quotidienne.

Nous avons ensemble avancées dans la vie, mètre par mètre, apprenant à nous connaître mutuellement moi en acceptant et anticipant ses craintes, ses peurs phobiques, ses terreurs du monde extérieur, elle en m'apprenant l'observation, la vigilance, la patience et le respect pour sa différence.
Cela n'a pas été toujours facile pour nous deux, j'ai souvent baissé les bras, fatiguée par une vigilance de presque chaque instant, elle souvent anéantie par ces terreurs qui engendrent ce regard qui « vire », ce regard de fou que certains propriétaires connaissent bien.

Notre binôme si particulier, chacune servant de béquille à l'autre ( !!!),  a fait le tour de France à deux ans et demi Hambre était championne de France, Vice championne du Monde, à quatre ans elle avait atteint le plus niveau de la discipline de recherche de personne égarée en France, elle reste à ce jour la seule femelle berger hollandais a avoir obtenue cette distinction. (quel sens devons-nous donner alors à l'exposition de beauté, et aux disciplines de travail ???!!!!)

Au fil du temps, Pilou (son surnom...) est devenue un peu plus stable, un peu plus posée, un peu plus tolérante aux agressions extérieures, restant quand même potentiellement mordeuse, la vigilance et l'observation aiguisées sont devenues une seconde nature pour moi.
Nous nous sommes rarement quittées, les années ont passées, les poils blancs sont venus envahir sa tête, le gris est venu soupoudrer la mienne !!!!! la vieillesse a fait son œuvre, perturbant un peu plus son cerveau, nécessitant de la faire dormir près de mon lit, pour pouvoir la rassurer la nuit lorsqu'elle perdait ses repères spatiaux.

Et puis une dernière fois, je me suis noyée dans son regard devenu opaque et flou comme ceux de tous les grands vieillards, lui disant adieu et la rassurant une dernière fois pendant que le produit artificiel des hommes allait faire son office abrégeant ses souffrances de très vieux chien.

Et je me sens, aujourd'hui, tout simplement amputée.....

Oui nous pouvons vivre avec un chien différent, difficile, compliqué à condition de vouloir se poser les bonnes questions et de vouloir y répondre honnêtement en regardant au fond de soi :

Qu'est-ce que l'on veut vraiment ?

Quelles sont nos véritables responsabilités quand nous vivons avec un animal, être vivant captif de nos désirs ?

Qu'au lieu de l'éternel question pourquoi ? nous puissions nous dire : comment pouvons-nous vivre le mieux possible avec ?

Et si nous laissions parler les sentiments en se disant : qu'est ce que ferait l'amour vraiment ?

Est-ce que nous allons enfin comprendre que derrière presque chaque agressivité, il y a que des peurs ? (ce qui est d'ailleurs assez similaire chez l'être humain), et qu'il ne s'agit pas de dominant dominé, schéma obsolète totalement erroné, inventé de toute pièce pour satisfaire le pouvoir et l'égo démesuré de l'être humain, autosatisfaction de sa médiocrité.

Françoise Martin







 

 

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 17:27

L'existence de cet espace de liberté qui commence à faire un grand tour de piste (merci à vous tous) en fait rire plus d'un, et fait grincer les dents des autres, en tout cas il ne laisse pas indifférent...

Je ne pensais pas écrire aussi vite, cependant suite aux demandes implicites des grinceurs de dents...et de ceux qui se tapent sur le ventre, je ne résiste pas au fait de faire plaisir.... Avant de partir pour quelques jours loin de l'agitation humaine...

Ce week end, réunion de la « grande famille » des bergers de l'est et italiens dans le cadre de sa nationale d'élevage. Grande utopie que la grande famille de la cynophilie, comme de la grande famille du sport, utopie ou vérité : cela dépend dans quelle vision nous voyons la famille, du coté biblique ou du coté psychanalytique, de ce coté la famille est le berceau et le réceptacle d'une des plus grande partie des « maux » humains....

L'édito de cette journée nous emmène dans des considérations de sélection, d'étude, et de convivialité entre concurrents, si j'ai pu apprécier la convivialité de mes amies(s) que je n'avais pas vu depuis des lustres, je dois dire que j'ai pu observer aussi le comportement de celui ou celle dont les dents rayent le parquet, de celui ou celle qui veut devenir le calife à la place du calife,de celui ou celle qui surtout ne veut pas perdre sa place de calife, et qui après réflexion deviendrait bien le super calife, et le super calife qui (elle ou lui) déambule avec un aréopage à ses cotés...cour de serviles qui récupèrent avec précipitation les quelques miettes jetées négligemment, les prenant, quelle erreur, pour de la considération....

Hypocrisie presque totale d'une soit disant convivialité entre humains, où l'intérêt des enjeux semblent colossal quand on observe les visages crispés ou si concentrés pendant la présentation des animaux... Un premier, un deuxième, et un dernier...il ne peut pas y avoir de convivialité sur un ring quand il y a un classement, classement engendre compétition, qui dit compétition dit peut-être courtoisie mais pas convivialité....

Le choc des éleveurs fait un bruit titanesque, mais qui l'entend vraiment ce tsunami souterrain ???

Dix chiens d'un même éleveur d'un coté, dix chiens d'un autre éleveur, et deux chiens qui se sont perdus dans cet affrontement....résultat : l'éternel Poulidor repartira comme d'hab....le sourire aux lèvres...ayant compris depuis fort longtemps que nul n'est prophète en son pays...le Roi Soleil a de belles années devant lui...la cour française lui déroule comme d'habitude son tapis rouge de servitudes....

Petit choc sur un autre ring : 5 chiens d'un même éleveur, cinq d'un autre et deux chiens qui se perdent un peu, là une petite différence si les éleveurs sont différents, l'origine des animaux viennent pratiquement que d'un seul....le calife à la place du calife a alors toute sa vérité....et il se démène dur ce grignoteur de calife, agite ses petits pieds depuis quelques années, courant partout d'expositions en expositions, si le calife s'était endormi depuis quelque temps....il n'était pas mort....dommage..il va falloir compter encore avec lui.., lui qui rigole sous cape se rappelant une très vieille chanson qui disait «  et le matou revient deux jours après, le matou est toujours vivant », se tapant le ventre de cette bonne blague qu'il joue...ayant pris conscience ,lui, depuis fort longtemps qu'après sa mort nul ne se rappellera qui il était... qui se souvient de Mr Bédel et sa fabuleuse sélection en Boston terrier, que se souvient de l'affixe de l'Escurial et son travail de sélection en Cavalier king Charles, qui se souvient de Marie Noelle et son fabuleux feeling de sélection en Golden Retriever ( sa disparition est encore récente, alors peut-être...)

Et le chien dans tout ce bazard....oups....oublié....le spectacle s'est trompé de vedette. Décortiqué dans tous les sens, il devient alors soit une énumération de défauts, soit un ensemble de qualité, jeté en pâture aux yeux soi-disant experts de personnages pour qui il est indispensable d'avoir de la considération si l'on veut briller sous les feux de la rampe.....

Besoin de reconnaissance.. besoin du regard des autres....et si l'exposition n'était en réalité qu'un symptôme du mal-être de l'être humain ????

Et si le symptôme n'était que métaphore, que l'on veuille ou non se le dire ? disait Lacan ?

Françoise Martin

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 13:56

Depuis de nombreuses années, je suis confrontée en tant qu'éleveuse à des réactions quelques fois très violentes de la part d'interlocuteurs via le téléphone ou par mail sur le prix de mes chiots : houlà c'est bien trop cher....et ben vous avez une portée de 8 bbs, vous gagnez bien votre vie.... J'ai même eu « et ben vous, vous faites pas l'amour à l'œil » oui je sais je vois pas trop le rapport avec « l'histoire de l'œil !!! »... cependant la réalité est là, nous sommes nous éleveurs de plus en plus agressés verbalement concernant le prix de nos chiots.

Alors j'en ai marre d'entendre dire que nous nous faisons des « c.... » énormes sur le dos de nos chiots.

Alors j'en ai marre d'être prise pour un « marchand de tapis » avec qui on discute le bout de gras : « je vous paye en liquide, c'est moins cher ?? » » J'en ai trouvé ailleurs 200 euros de moins, vous me faites le même prix, car je veux quand même un chien de chez vous ! » « Je vous paye en une fois, vous pouvez bien me faire une ristourne.... » » Et ben moi je trouve que c'est vraiment très cher, j'ai prévu de partir en vacances alors est ce que je peux vous payer en 10 fois... »oui vous lisez bien, j'ai déjà eu cette réflexion !! Et aussi cela « Vous en avez pas en solde...? » là je dois que je suis restée sans réponse pendant quelques secondes, juste quelques secondes.... » « Et si je vous en prend deux, vous faites un prix ???? » Et le top récemment « je suis éleveuse de chiens non lof, (du bouvier bernois, si mon souvenir est exact), je veux me lancer dans « le podhale » !!!, (comme si on se lançais dans une race...), je veux un mâle  vous faites des prix pour les éleveurs... !!! (Visiblement le pedigree, elle s'en fout...compatible ou pas avec celui de ses femelles qu'elle a déjà acheté ailleurs, c'est pas son problème !!)

Alors j'en ai marre d'être obligée de rester courtoise, parce que malgré le fait que je vis depuis trente ans avec des chiens, je garde un minimum d'éducation et de respect, moi, envers mes « congénères » !

Alors je vais vous expliquer à quoi correspond le prix d'un chiot car sur le fond, est ce que vous savez vraiment ce que représente le prix d'un chiot lof né en France ? (Je ne vous parle pas des importations diverses et variées, cela sera le sujet d'un autre article).

Un petit cours de comptabilité et je suis sûr que vous ferez un rapide calcul de ce que gagne un éleveur vraiment....et peut-être qu'après cela, et « bien on me lâchera », oui je sais c'est pas très correct mais tant pis, on me lâchera, moi Françoise Martin quand je vais annoncer le prix de mes chiots et on réfléchira peut-être aux questions que je pose : sur quoi vous basez-vous pour estimer que le prix d'un chiot est cher ? Quelle est la valeur que vous donnez à l'argent ? Qu'est qui est cher et pas cher ? Est ce que le prix final de vos vacances est cher..... ?

Vous êtes prêts....allons y ....

A savoir que ces calculs ont valables pour des chiots qui vont atteindre à l'âge adulte environ 40-45klgs pour les femelles et 50-55klgs pour les mâles, et que le prix de ces chiots est normalement sur une fourchette de 1600 à 2000 euros, que je ne prends pas en compte les frais d'électricité et de chauffage pour une portée, que je ne prend pas compte l'investissement exposition pour les parents, et que je pars du postulat que la mise bas se fait normalement sans césarienne, et sans autres problèmes inhérents à une pathologie quelque conque !!!, et enfin que le chiot rejoint sa famille vers l'âge d'environ 2 mois. Que l'aliment utilisé est un premium de haute qualité et qu'enfin les frais de cotisations pour un professionnel ne sont pas pris en compte, ni les frais d'entretien de la structure, ni les impôts, ni les frais de comptabilité etc....

C'est parti:

Les frais de vaccinations : 40 euros par chiot

Les frais de puce électronique : 50 euros par chiot

Alimentation du chiot avec aliment de qualité de 0 à 2 mois : 170 euros par chiot

Certification naissance : 25 euros par chiot

Achat de le mère et son entretien  jusqu'à 24 mois (prenant en compte l'alimentation, les vaccinations, la confirmation, les recherches basiques de tares héréditaires) : 3000 euros soit 375 euros par chiots si 8 chiots

Achat et entretien male jusqu'à 15 mois: 2800 euros soit 350 euros

Si nous partons sur la base d'une portée moyenne de 8 chiots, nous arrivons à la somme totale de 1010 euros de FRAIS par chiot pour une première portée.

Si vous n'avez pas le mâle à la maison, le prix de saillie est d'environ 1500 euros et vous devez rajouter les frais d'essence, les frais vétérinaire et les frais d'hôtel pour faire saillir la chienne sur plusieurs jours.

Pour une 2eme portée, les frais sont alors un peu moins importants puisque l'investissement financier d'achat de la chienne et du mâle est à déduire, cependant nous restons sur une fourchette de frais d'environ 900 euros par chiots.

A prendre en compte, bien sûr : si nous avons plusieurs femelles, les frais du mâles sont à diviser sur le nombre de chiots par femelles.

Je vous précise quand même qu'à ce niveau là de frais, l'éleveur n'est toujours pas rémunéré......que le temps passé à mettre au monde, socialiser, bichonner vos futurs compagnons de votre vie n'est pas comptabilisé !!!

Je sens que vous restez ébahis...heu moi aussi !!! Cela faisait longtemps que je n'avais pas refais ce calcul, et je dois dire qu'avec la hausse des tarifs des croquettes cela change un peu la donne !!


Ah, petite précision : si le chiot rejoint les familles après l'âge de 2,5 mois, il coûtera à l'élevage environ 150 euros par mois resté .....et pourtant plus il passe du temps à l'élevage moins il coûte cher à la vente....pourquoi ???

Aujourd'hui la TVA est passée à 20% , nous avons " pris" 13% d'augmentation en l'espace de 3 ans, quelle entreprise peut arriver à éponger une telle augmentation ?

Et la dernière réflexion, proportionnellement, je vends mes chiots moins chers qu'il y a 10 ans ... !

Alors vous allez me dire peut-être, « mais comment vivez-vous ? » et bien il est nécessaire de savoir que les l'éleveurs, qui n'ont pas les primes des agriculteurs, bien qu'ils cotisent à la MSA... sont pour la plupart en surendettement, qu'ils jouent avec les prêts revolving, qu'ils discutent le bout de gras avec les banquiers, qu'ils font pour certains de « la quantité », qu'ils rajoutent des pensions canines dont les investissements sont très importants, quelques fois il y a un des conjoints qui travaillent à l'extérieur et qui « ramène » un salaire de secours.

Et puis il y a ceux qui ne peuvent plus boucler les fins de mois, il y a ceux dont les cheptels sont saisis, car les chiens sont encore des biens meubles, il y a ceux qui arrêtent avant la catastrophe et qui vendent ou donnent les cheptels, et puis il y a ceux qui se suicident parce que trop c'est trop.....Mais çà on n'en parlent jamais, la souffrance des éleveurs c'est tabou, cela ne fait pas la une des journaux, ce n'est pas « vendeur » l'éleveur de chiens qui s'endort à jamais....oui je sais je plombe un peu l'atmosphère...je ne suis pas toujours très drôle ou alors mon humour peut-être très cynique.....

Vous avez toujours envie de marchander...vous avez toujours envie de dire que nos chiots sont trop chers... vous avez toujours envie de dire que nous nous faisons des « c... » en or sur le dos de nos chiens....Vous voulez encore discuter le bout de gras.....

Vous comprenez pourquoi je râle contre les élevages soi disant « familiaux » qui, en plus ne peuvent en aucun cas faire de la sélection, tout simplement parce que pour être une selectionneuse, ( sélectionneur) il est necessaire d'avoir un certain nombre de chiens. 
On ne fait pas de la sélection avec un couple de chiens, on fait juste de l'argent, de la concurrence déloyale, du travail dissimulé.

Alors vous allez peut-être me dire « mais pourquoi continuez-vous ? » et je vous répond « par passion du chien, et parce qu'il y a une donnée inestimable que l'on ne prend pas en compte, la liberté...la liberté malgré les contraintes, la qualité de vie...la qualité de vie dehors, en écoutant les oiseaux qui découvrent le levé du soleil, en regardant les feuilles pousser sur les arbres au printemps, et celles qui tombent en automne, en écoutant leur bruissement quand Maître Vent se lève, les premiers frimas, le premier givre qui craque sous les pieds.......

Fermez les yeux....retrouvez les souvenirs de votre enfance....laissez remonter en vous les odeurs de l'herbe fraîchement mouillée et vous comprendrez peut-être pourquoi  je continue.....


Françoise Martin

 

 

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 19:05
Connaissez vous un boucher amateur, un plombier amateur, un électricien amateur, moi personnellement non....la seule chose que je connaisse c'est le bricoleur du "dimanche", vous savez celui qui a le don le dimanche matin d'utiliser vers 9h 9h30, parce que c'est l'heure d'être debout..., la perçeuse qui va bien vous vriller les oreilles et vous permettre de démarrer une super journée...
Et bien dans le domaine de l'élevage nous voyons régulierement fleurir dans les petites annonces les termes d'élevage familial, ou élevage amateur en opposition à l'élevage professionnel. Ces termes semblent en plus auréolés d'une échelle de valeur, comme si l'elevage amateur c'etait "bien" et l'élevage professionnel " bouh pas bon!!".
Les arguments réguliers que nous entendons de l'éleveur amateur sont nombreux, alors en vrac il y a :
moi j'aime mes chiens.....ce qui laisse sous entendre que le professionnel non....cependant comment ne pas aimer les chiens quand nous passons 10 heures de notre journée avec eux.....mystère...
je fais une portée mais je ne fais pas d'argent...ah bon parce que chez les "amateurs" les chiots sont gratuits??? jamais vu ou je ne regarde pas au bon endroit car la plupart du temps les chiots sont aussi chèrs que chez un "professionnel"....au fait que fait "l'amateur" de l'argent perçu.....quelles charges exactes a-t-il ???
Je fais une portée pour faire plaisir à ma chienne...c'est sûr elle est super consciente la chienne, c'est elle qui le demande.....à qui vraiment cela fait plaisir???
Je fais une portée parce que le véterinaire a dit que pour que la chienne soit bien dans sa tête il fallait qu'elle ait une portée...il a bon dos le vétérinaire..ou alors il a pas revisé sa copie depuis longtemps....
Etc etc...et puis j'entends dire: chez l'eleveur amateur les chiots sont mieux socialisés...ok cependant si l'eleveur est amateur, generalement il a un métier, qui lui n'est pas un métier "amateur" donc avec des horaires, la plupart du temps,des horaires de bureau alors quand il s'occupe des chiots???? le soir après 19h30???
Car si les quinzes premiers jours sont cools, et encore quand tout se passe bien, et que la mise bas n'a pas générée de probleme et bien apres c'est un peu plus compliqué...

Et puis, il y a l'éléveur amateur qui fait une portée tous les 2 ou 3 ans,
Et puis il y a l'éleveur amateur qui fait une portée tous les ans, voir deux portées par an car en jouant sur les dates, il peut alors ne pas etre déclaré légalement....alors qu'il a 3,4, voir 9 chiennes....
Et puis il y a l'éleveur amateur qui fait porter sa chienne de grande race avant l'âge de 2 ans, alors que nous savons très bien que le mental d'une chienne arrive à maturité pas avant l'âge de plus de 24 mois...la justification suprême est " elle a eu ses troisiemes chaleurs..le véto a dit que...."ce pauvre véto porte toutes  responsabilités!!!! super....mais je ne vois pas le rapport entre la maturité sexuelle et la maturité mentale.....
C'est comme si une gamine de 12 ans avait un bb, oui c'est faisable: maturité sexuelle...mais au niveau éducation , responsabilité : maturité mentale....
La vrai justification ne serait-elle pas l'intérêt financier????? surtout pas...oh la on ne parle pas d'argent à ce type d'amateur.....
 
Alors c'est quoi un professionnel :un professionnel c'est delui ou celle qui a un n° de siret, qui déclare aux impôts ses rentrées d'argent, qui cotise, et souvent très cher à la mutuelle sociale agricole, qui a des installations en conformité avec une législation de plus en plus stricte, qui a un certificat de capacité.
C'est quelqu'un qui est là en permanence avec ses chiens, qui se leve toutes les nuits qui précédent l'éminence de la mise bas pour que la chienne fasse ses petits en toute sécurité, qui se leve toutes les nuits pendant plus d'une semaine pour voir si tout ce passe bien, et puis qui va passer du temps, bcp de temps avec la portée pour la socialiser en toute conscience.
Un professionnel, c'est celui ou celle qui a des connaissances, un savoir, un savoir-faire, la plupart connaissent parfaitement leurs lignées, savent exactement pourquoi ils font tel ou tel accouplement (je parle de chiens lof, bien sûr), souvent c'est celui ou celle qui va faire des centaines de kilometres pour trouver le bon mâle...car faire une saillie réflechie cela demande de la disponibilité....
J'entends encore dire : le professionnel, il fais de l'argent lui, toujours le même probleme, l'argent, et bien honnetement connaissez vous des éleveurs qui sont riches d'argent, moi non, la plupart comme on dit "tirent la ficelle", s'ils sont riches, c'est de leurs connaissances quelque fois tres pointues, la plupart s'ils sont riches c'est de leur humilité...les grands éleveurs de chiens de race, vous n'en entendez pas souvent parler, vous connaissez leur nom d'élevage oui , cependant souvent vous les connaissez même pas, eux...

Alors oui comme dans tous les métiers, et parce que l'élevage est un métier, il y a d'excellents professionnels et d'autres qui le sont moins, voir pas du tout comme il existe de réels excellents amateurs, je n'en doute pas mais de grâce j'aimerais ne jamais plus lire dans les divers forums qui fleurissent sur la toile certaines phrases comme "n'allez pas chez les professionnels ce sont des marchands de chiens", les marchands de chiens ce sont les animaleries point barre....j'aimerais ne plus entendre ce que j'entends regulierement par certains de mes collegues comportementalistes " votre chien a un "trouble du comportement", il vient de chez un professionnel??? oui ...alors c'est "normal"!!!!..il a été mal socialisé...mais que connaissent-ils vraiment à l'élevage ces soit-disant théoriciens de la relation.....
C'est à vous futurs acheteurs de chiots de vous responsabiliser, vous voulez un chiot alors déplacez vous chez l'éleveur ou l'éleveuse, allez les voir, discutez avec eux, regardez comment vivent les chiens, tissez un climat de confiance, et la plupart du temps vous aurez à faire à des gens honnetes, pas à de vulgaires "marchands de chiens"...
Prenez du temps, vous allez vivre avec un être vivant pendant plus de 10 ans, cela vaut certainement la peine de prendre quelques instants de votre vie pour faire le bon choix, cela vaut certainement la peine de faire quelques centaines de kilometres pour aller chercher la petite boule de poils qui vous donnera tellement de plaisir dans les années futures au lieu de se la faire livrer comme un vulgaire paquet de lessive....
Vous avez le temps de perdre du temps dans les bouchons pour partir en vacances, alors prenez le temps de choisir votre éleveur et votre futur chiot.

Françoise Martin
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 07:17
Comme quoi il est si facile de bluffler un neophyte en chien....je connaissais l'appelation "lignées de travail" je connaissais l'appellation "lignée de beauté" mais je dois dire que je ne connaissais pas les "lignées de famille!!", 20 ans que j'eleve, et je suis passée à coté de cette sélection!!!"
Comme il existe le gêne "yeux bleus" chez l'être humain, il existerait le "gêne famille" chez le chien, incroyable, je suis sûr que nos généticiens vétérinaires qui planchent sur le gênome du chien depuis de longues années vont être très interressés par cette nouvelle hallucinante. Applaudissements pour cette éleveuse de chien qui utilise cet argument pour vendre ces chiots, dommage que ces connaissances soient visiblement empreintes de science-fiction..........
La même éleveuse à la question: et pour l'éducation? répond "c'est une race qui s'éduque toute seule, il y a rien à faire.....Après le programme "Gêne de famille", la même éléveuse a mis en évidence le programme "Intelligence Artificielle", le chiot sait en naissant le programme "assis, debout,couché, marche en laisse"....La science fiction serait vraiment la culture de fond de cette éléveuse....Et pour finir à la question: "et avec les enfants?" l'éleveuse répond: il n'y a aucun probléme, ils adorent les enfants, ils sont particulierement attirés par eux...ben voyons mais c'est bien sûr, je suis bouchée puisque ses chiots ont le "gêne de la famille"!!c'est normal qu'ils supportent les doigts dans les yeux, le tirage de la queue, des poils, les menottes de bébé dans leurs gamelles sans rien dire.......puisqu'ils sont programmés par cette super éléveuse qui maîtrise à fond les transmissions génétiques imaginaires...........
Et cela ferait 10 ans que cette éleveuse sélectionne...ouah et ben dans quelques années elle mettra au monde des chiots qui se sortiront tous seuls pour faire leur besoin, iront chercher leur croquettes, feront le menage, la lessive, le repassage...Genial....au fait savez -vous qu'un chiot est un être vivant, porteur d'émotion, sensible à la douleur, au stress, non??? ah ON ne vous en a pas parlé.....dommage.....
Ah j'oubliais, l'argument de taille pour finir de ferrer le futur acheteur déjà conquis: l'éleveuse explique qu'elle "fait" de la "présocialisation" alors là chapeau bas!!!!! je connaissais l'empreinte,la socialisation, la sociabilisation, mais alors la présocialisation...inconnue au bataillon, sachant qu'actuellement les derniers courants de pensées mettent en doute l'exactitude de ces termes....la présocialisation alors c'est quoi?? et ben c'est le passage de cd de bruits, super...çà fait 15 ans que cela existe, et avec le recul que nous avons maintenant, nous sommes même pas sûr de l'efficacité de ces bruitages qui seraient peut être générateur de stress important car utilisés au mauvais moment du developpement des connexions nerveuses du chiot....
Et pour finir en beauté, le nerf de la guerre comme on dit: l'argent...le prix du chiot justifié bien sur par le programme Gêne de famille, l'intelligence artificielle, la presocialisation, et...... la radiographie des hanches des parents!! là c'est pareil il faut que cette éleveuse m'explique le rapport mais bon visiblement mes connaissances sont limitées...!!!! et bien sûr la proposition qui pratiquement clôture la vente: le fractionnement du paiement, argument de taille: vous pouvez payer en 6 fois....super...seulement le probleme c'est que c'est illégal, la loi autorise le fractionnement en 3 fois, au delà c'est une infraction punisable par la législation....mais peut-être que dans le monde fictif de cette éleveuse, les lois n'existent pas...

J'avais dis "coup de gueule" en voila un, les autres vont suivre....20 ans que j'éleve, 30 ans que je vis avec des meutes..j'en ai marre des con... que j'entends. Le chiot, le chien est un être vivant, ce n'est pas un produit de consommation...l'éleveur est censé apporter les connaissances d'un professionnel, pas les affabulations d'un "maquignon"....

Françoise Martin

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